L’Ísland – Reykjavík et la côte Sud

Coucou c’est moi ! Oui je sais, je n’ai pas été très actif ces derniers temps : silence radio depuis plus d’une année.
Il faut dire que ce nouveau job a monopolisé mes journées et que mon temps libre a plutôt été consacré à d’autres loisirs. J’ai même eu un sacré passage à vide qui m’a fait craindre l’abandon de ma passion, mais pour l’instant, je suis encore là !

Bon, je vais vous raconter mon dernier périple en Islande, ce pays tant acclamé par les photographes et qui fut mon 3ème voyage à la recherche des aurores boréales après la Norvège et le Canada.
Pour commencer, je suis parti un jeudi matin de Genève pour la capitale Reykjavík. La ville et son agglomération abrite environ 200’000 habitants, pour un total de 330’000 insulaires. Depuis la crise de 2008 qui a vu le peuple demander la démission du gouvernement conservateur lors de la manifestation des casseroles, le pays a subi une forte dévaluation qui a rendu le tourisme accessible. Alors qu’il fut autrefois le pays le plus cher du monde, aujourd’hui on peut dire grosso modo que les prix sont comparables à ceux pratiqués en Suisse. A ce titre j’ai trouvé la Norvège plus dispendieux.
De telle sorte que l’île est devenu une destination tendance, au point qu’en 2014 on a dépassé le million de visiteurs, avec un pic d’affluence en juillet qui compta autant de touristes sur place que d’insulaires !

Bref, je suis arrivé un jeudi matin de mars et j’ai profité de mes valaisans voisins de siège pour faire le trajet de l’aéroport à la cité. Aaron, mon ami canadien avec qui je m’étais déjà rendu en Norvège, ne devant arriver que samedi, j’avais deux jours pour m’acclimater et en profiter pour faire du couchsurfing. Pour l’histoire, CouchSurfing a justement commencé à Reykjavik quand Casey Fenton en 2009 contacta l’université pour demander à être gracieusement hébergé avec l’espoir de rencontrer les habitants de la région.
Le hasard a fait que Yann, un Français étudiant le jargon local, c’est-à-dire l’islandais qui n’a très peu évolué depuis la colonisation des Vikings (les Islandais pouvant lire les sagas de leurs ancêtre en VO !) m’accepta comme hôte dans sa piaule d’étudiant, en compagnie de 3 autres Canadiens, ben tiens !

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Rien de mieux donc que couchsurfing pour directement se créer des contacts sur place. Yann nous gratifia de sa générosité, pourvoyant le gîte et un tas de connaissances sur le pays, la ville et les us et coutumes locales. La Canadienne Suzanna attendait deux de ses amis qui revenaient d’un séjour en Inde, Neil et Patrick ayant passé quelques temps dans un ashram à apprendre le yoga, une bonne dégaine de barbus végétariens/liens qui m’ont plu d’emblée. Le lendemain, Yann hébergeait Alexander de Seattle, végétalien qui venait faire de l’auto-stop et camper sur l’île. Pour la boutade, et au vu des barbus locaux, je dirais que l’Islande est bien la capitale des hipsters.

Pour résumer Reykjavik, le jeudi culture a été consacré à un city walk avec Marteinn, vraiment intéressant et culturel, donné avec dynamisme et humour par un étudiant en histoire. Vous y apprendrez plein de chose sur l’île, depuis l’époque des Vikings jusqu’à la crise économique et l’explosion du tourisme aujourd’hui, ainsi que des infos sur le langage, la politique (Jón Gnarr, un comique qui fut élu maire de Reykjavik en 2010) et plein d’autres choses. La ville est chouette, loin des capitales occidentales, vous trouverez à la place des grandes enseignes plein de petites boutiques charmantes et soignées.
Le lendemain, on a vu l’éclipse du 21 mars, quasiment totale sous cette latitude, puis on a expérimenté les bains géothermaux avec Hannes, un autre couchusurfer, mais un vrai Islandais cette fois, avant d’écumer quelques bars, car Reykjavik est plutôt festif.

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Le voyage a véritablement commencé dimanche, 5h30 quand on a ramassé Alexander chez Yann pour nous rendre à Gullfoss. Gullfoss est une double chute d’eau plutôt large que haute venant se verser dans un canyon en contre-bas et est certainement une des attractions les plus prisées d’Islande de par sa proximité avec la capitale.
Néanmoins, nous nous retrouvâmes les premiers sur place, nos pieds laissant les premières marques dans la poudreuse et nos mitaines dévoilant les panneaux inscriptions de leur manteau neigeux.

Aaron et Alexander

Gullfoss

Ensuite, nous nous sommes rendu à Geysir, lieu qui a donné nom au fameux phénomène grâce justement à ce grand geyser pouvant monter à 70m à l’époque mais qui s’est quelque peu tarit depuis. A côté, le Strokkur est un geyser plus ponctuel, propulsant sa vapeur toutes les 5-10 minutes dans un bruit de fer à repasser géant. Moi qui changeait d’objectif à quelques mètres de là, j’en ai été quitte pour une belle frayeur quand l’eau tiède à commencé à retomber tout autours.

Geysir

Il y a un dicton islandais qui dit “Si tu n’aimes pas la météo, attends 10 minutes”. Je vous certifie que nous avons vécu ce phénomène toute la journée : en partant il faisait beau, puis il a neigé un moment avant de se redécouvrir, puis il a plu, puis on a eu du grésille, puis un arc-en-ciel, puis il a neigé, puis fait beau, puis on s’est arrêté pour déjeuner. Mais on a fait vite parce qu’il y avait beaucoup de vent. Avec l’éclipse quasi totale du vendredi et les aurores boréales, il n’a manqué qu’un éclair ou deux pour qu’on vécûme toutes les conditions météorologies du monde durant ce séjour.

Ce jour-là, nous avions prévu de nous rendre jusqu’à la Seljalandsfoss, une splendide cascade dont on peut faire le tour par l’arrière. Au moment du couché du soleil, une éclaircie s’est manifesté, permettant aux rayons dorés de venir éclairer magnifiquement la cascade et nous gratifier du 3e arc-en-ciel de la journée. Cependant, là-derrière c’est un vrai spray : le vent venant refouler quantité de goutelettes sur nous et notre matériel photo. Dantesque ! Nous étions avec nos petits chiffons à couvrir et essuyer la lentille entre chaque prise de vue, nous prenant des trombes de flotte sans discontinuer. Les conditions photographiques les plus rudes que j’aie jamais vécu, éprouvant pour le matériel, et ce pour un résultat décevant.

Seljalandsfoss

Le lendemain, levé à 5h30 pour être les premiers à nouveau au pied de Skogafoss, la chute d’eau aux proportions parfaites. Ils doivent avoir de sacrés designers à l’office du tourisme islandais.
On pensait qu’on serait entouré de touristes japonais, ou tout au moins d’autres photographes avertis mais pour le troisième site estimé comme “méga-touristique”, on ne s’est jamais retrouvé plus d’une demi-douzaine de personne en même temps. J’avais dans l’idée que le pays s’était transformé en Disneyland des photographes et aventuriers, mais j’avoue que d’une part les infrastructures destinées aux touristes restent restreintes : pas de parking payant, souvent une vague place en gravier devant l’attraction, pas de méga cafétéria vendant du pop corn et des souvenirs Made in China, et pas de cohue avec des gens se bousculants pour obtenir leur selfie. Bref, en tout cas le mois de mars est une belle période pour se sentir en Terra Incognita, mais avec du wi fi partout.

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En cours de journée, nous nous rendîmes sur le site du crash du DC-6 de l’armée américaine qui sombra en 1973 suite à une panne s’essence. Dans la région, vous aurez une vue imprenable sur le glacier Mýrdalsjökull dont la calotte se confond avec les nuages. Plein de tours vous emmèneront vous balader sur la glace et aures activités. Nous, on a préféré nous rendre à sur la plage de sable noire de Vìk, avec ses monolites rongés par les éléments et ses piliers de basaltes rappelant la Chaussée des Géants en Irlande.

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Le soir venu, nous sommes retourné à Seljalandfoss pour avoir une deuxième chance de photographier la chute d’eau, le beau étant toujours au rendez-vous. Le vent aussi, crénom de sort, la chute d’eau tombait avec un angle de 20 degré, je vous dis pas l’effet brumisateur. L’arc-en-ciel était encore plus impressionnant que la veille : depuis la langue herbeuse, le prisme créait un cercle complet, entourant la chute de son effet moiré. Superbe !
Cependant, les conditions de prise de vue furent encore plus dantesques que la veille, les gouttelettes givrant en une pellicule laiteuse. à tel point que ma gore-tex en est devenue rigide et que l’appareil fut recouvert d’un millimètre de glace, immobilisant les fonctions mécaniques…

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2 réponses à L’Ísland – Reykjavík et la côte Sud

  1. Sophie dit :

    « il n’a manqué qu’un éclair ou deux pour qu’on vécûme toutes les conditions météorologies du monde durant ce séjour » –> pour l’anecdote, il n’y a quasiment jamais d’orage en Islande. A tel point que population et animaux ne connaissent pas vraiment ce que c’est. L’été dernier il y en a eu un tout petit, et rien que le grondement du tonnerre (pour moi tout à fait « normal ») était un truc complètement démentiel / impressionnant pour mes collègues islandais qui ont parlé « du bruit » toute la journée. C’est tellement rare que ça a même effrayé les animaux (chevaux), pourtant rodés à pas mal de trucs.
    Pour en avoir discuté avec un chasseur d’orages, qui a montré ses photos de ciels zébrés d’éclair à des Islandais, il a eu des réactions venant d’eux comparables à… nous voyant des aurores boréales la première fois 🙂
    Sophie Articles récents..2014-2015 : du voyage à… l’expatriationMy Profile

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