ITW // Madame Oreille : voyageuse photographe

USA : dans la Death Valley, Mars 2011, un lieu très étonnant où les pays changent très vite !

Madame Oreille est une voyageuse photographe. Ou alors l’inverse. Elle aime partager ses aventures et ses images au travers de son blog super beau et super fourni ! Mais aujourd’hui, elle nous en apprend un peu plus sur elle :

Aurélie, tout d’abord pourquoi Madame Oreille ?

C’est un vieux pseudo, en réalité. Mes amis m’appelaient Oreille au collège, une blague d’ados, parce que ça ressemblait à mon prénom… Du coup, je l’ai gardé pour le net. J’ai rajouté le Madame parce que mes avatars sont rarement très féminins !

D’accord, et quoi d’autre veux-tu nous dire de toi ?

Je pense que je vais en dire bien assez dans les lignes qui vont suivre ^^

Es-tu d’abord une voyageuse ou une photographe ?

C’est compliqué, parce que j’ai découvert les deux en même temps, et je ne pratique pratiquement plus l’un sans l’autre. Je ne pourrais pas voyager sans appareil et photographier influence forcément ma façon de voyager : profiter des bonnes heures de la journée… Pour autant, j’essaye de garder des moments sans photo et d’apprécier parfois les lieux à travers mes lunettes plutôt qu’à travers un viseur !

Écosse : sur les rives d’Oban, entre Noël et le 1er de l’an, en 2009. Il faisait un froid de canard et le temps de finir quelques poses longues, j’avais les pieds dans l’eau. Là, on est content d’avoir de bonnes grosses chaussures !

Et le blogging, les croquis et le scrapbooking dans tout ça ?

On va dire que c’est un gros ensemble ! En rentrant, comme tout le monde, j’aime partager ce que j’ai vécu, et tant mieux si ça plaît à d’autres gens que mes parents. C’est comme ça que le voyage a pris de plus en plus de place sur mon blog. Puis, comme j’aime bien tout ce qui est un peu bri-col(l)age (jeu de mots o/), j’ai commencé à mettre aussi en ligne des carnets. Ils ne contiennent aucune info pratique, et sont vraiment personnels. Ils évoluent au fil du temps… Et, effectivement, j’essaie de partager un peu plus de croquis, parce que je me sens moins à l’aise en dessin qu’en photo, mais que j’ai envie de progresser.

C’est un margouillat. Ces gros lézards peuvent faire jusqu’à 40cm de long, c’est sont assez impressionnants, même si le riz que je faisais tomber les intéressait plus que mes doigts, heureusement !

Revenons aux voyages, où es-tu partie ?

Je me méfie des listes, qui ne sont pas très représentatives, surtout que mes premiers voyages sont assez récents. Avec mon compagnon, nous avons commencé par prendre le Transsibérien, de Moscou à Pékin, en passant par la Mongolie. On ne pensait pas vraiment voyager beaucoup par la suite, mais on y a pris goût ! Du coup, on est repartis trois semaines en Inde, puis trois semaines au Laos, un mois aux États-Unis et, récemment, trois semaines au Mali. A côté, on essaie de découvrir aussi la France et l’Europe à travers des week-ends ou des séjours d’une semaine. Nombre d’endroits étant facilement accessibles depuis Paris, en train ou en bus : Amsterdam, Londres, Cologne, Munich, Florence, Venise ou Barcelone. A côté de ça, je pars aussi sans lui, parfois, et c’est ainsi que j’ai découvert les Balkans (Ljubljana, Zagreb, Belgrade, Sarajevo, Mostar, Dubrovnik, Budapest et le Nord de la Roumanie, à travers trois séjours)

Dingue ! Il parait que tu n’avais jamais pris l’avion il y a 3 ans seulement. Quel as été le déclic ?

Je n’ai pas vraiment voyagé avec mes parents. Enfin, nous partions surtout en France (souvent les Pyrénées et le nord de l’Espagne), ce qui me permet de connaître un minimum mon pays, quand même ! Il n’y a pas vraiment eu de déclic, juste une envie. Quelques semaines après avoir signé mon premier vrai boulot (le premier stable et payé correctement, j’entends), j’ai envoyé un mail à mon ami (oui, dans la journée, je lui écris !) disant un truc du genre « Islande ou Mongolie ? ». Il a répondu Mongolie, très sérieusement, et quelques mois plus tard on décidait d’y aller en train depuis Moscou. C’était parti !

Nous avions passé deux jours avec ce gamin et sa famille. Là, c’est le matin, juste avant la traite. Je n’avais pas encore la pogo, alors j’ai tout imprimé en rentrant pour l’envoyer par la poste. Chaque famille avait un album dont ils était très fiers, constitués au fil des ans avec les photos prises par les voyageurs ! Notre guide-interprète (obligatoire pour des échanges, là-bas) nous a confirmé que tout était bien arrivé, et avait fait des heureux. Il faudra qu’on y retourne…

Comment prépares-tu tes voyages ?

Je prépare assez peu. Je lis des blogs, des forums, les pages culture des guides de voyage, pour le plaisir d’en apprendre plus sur le pays. Mais même si on a un itinéraire approximatif, on se laisse aller au gré de nos envies, sans réservations. Ce qui n’est pas du tout une bonne chose pécuniairement parlant, mais beaucoup plus agréable.

Et aujourd’hui, les destinations qui te font rêver ?

Il y a plus d’endroits qui m’attirent que d’endroits qui ne m’attirent pas, je crois ! Ces derniers mois, on parle beaucoup d’Asie Centrale et de pays au suffixe en ‘stan’, d’Afrique de l’Ouest, de Tanzanie, d’Islande, de Nouvelle-Zélande. De manière générale, j’aime bien les grands espaces et les rencontres. Je ne suis pas très plage, ni lieux festifs, et je m’intéresse de moins en moins aux musées et autres temples. Je me sens bien dans les endroits où il n’y a rien à faire à part se balader et rencontrer des gens !

Qu’est-ce que tu préfères photographier dans un lieu inconnu ?

Je fais partie de ces gens qui s’intéressent à tout, je n’arrive pas à me contenter des paysages, ni des portraits. En gros, je vais aller vers ce qui me paraît incongru ou représentatif. Au Mali, j’ai passé des heures à essayer de photographier les gros lézards, par exemple. Ça peut paraître idiot, mais ils sont partout et les enfants les chasse pour leur gouter. J’aime bien l’idée de brosser le portrait d’une région à travers de sujets variés.

Sous l’arche de Kamadjan, à Siby, au sud du Mali. C’est le matin, gros brouillard. Monsieur Oreille prend la pose…

Ok, quel matos prends-tu dans ta valise ?

Niveau photo, j’ai un 550d, venu remplacer un 450d pour pouvoir filmer un peu. Pour les objectifs, ça va varier selon les destinations. Généralement, je prends au moins un sigma 10-20 et un tamron 17-50. Pour les autres, je jongle ! Pour le dernier voyage, au Mali, j’avais pris en plus un 50mm et un 70-200. Pour des week-ends urbains, je prendrais parfois un fisheye, d’autres fois un 100mm macro… J’essaie de visualiser le genre de photos que je veux ramener et de choisir en fonction de ça.

Généralement, mon sac photo est beaucoup plus lourd que mon sac de voyage !

Ton objectif ou accessoire favori ?

Je prends toujours un accessoire que j’adore : la Pogo, une imprimante de poche qui fait des heureux dès que j’ai l’occasion de réaliser quelques portraits !

As-tu déjà eu des problèmes avec ton matériel ? Ou au contraire, ouvert d’autres portes ?

Jamais eu de problème. Je mets un point d’honneur à toujours bien me comporter. Bien sûr, il y aura toujours des gens pour venir râler parce que vous prenez une rue et qu’ils sont en tout petit au fond, mais on s’arrange toujours en montrant la photo, en s’excusant, etc. J’ai plus l’impression que l’appareil favorise les contacts. Les gens posent, viennent se regarder, rient, demandent à reprendre une photo… Un bon moyen pour engager la conversation.

Laos : à Vang Vieng, haut lieu de la débauche perdu dans un cadre magnifique. On peut manger des pizzas allongé devant American Dad, ou louer des vélos pour faire de jolies balades… 

Tu sors bientôt (aujourd’hui !) ton petit guide du voyageur photographe. Qu’a-t-il de différent d’un guide traditionnel ?

Il est simple et destiné aux amateurs et débutants. Le but est d’expliquer des concepts, de pousser la réflexion, mais aussi de donner des conseils pour des problèmes simples et des idées pour des situations concrètes auxquelles on est confronté en voyage. Du genre, comment photographier à travers une vitre ou dans un train, comment prendre l’avion avec son matériel, ou le protéger de manière générale. J’ai essayé d’écrire ce que j’aurais voulu lire quand j’ai commencé ! Un truc pas barbant, sans calculs ni mots compliqués, mais qui inspire.

Une astuce inédite que tu n’as pas mis dans ton guide, ou un exemple pour éveiller notre curiosité ?

Une astuce inédite, carrément ! J’ai essayé de faire un livre très complet, il ne me reste plus grand chose ! Un petit truc pour les portraits : utiliser les enfants. Aux voyageurs, on conseille souvent de ne pas trop s’approcher des enfants, parce que jouer avec eux ne nous rend pas intéressant aux yeux des adultes. Pourtant, en photo, c’est un bon moyen de gagner la confiance des adultes, justement. Ils regardent les enfants s’extasier sur l’écran LCD et il faut croire que ça réveille l’enfant en eux ! Faire des photos pas top, hyper posées, est souvent obligatoire dans un premier temps.

La petite malienne : Elle s’appelle Ma, elle parle a peine, et vit à Bamako. C’était la voisine de notre hôte, adorable… Elle a eu droit a son petit tirage, bien sûr. 

A l’époque, je t’avais connu grâce à ta série Invasion, as-tu délaissé le genre ?

Je n’ai plus le temps. Je fais encore quelques séances strobistes de temps en temps, comme pour faire la couverture du guide, par exemple (heureusement, je fais souvent des packshots pour le boulot, haha… mh). Je garde un bon souvenir de la fabrication de cette série, c’était formateur et on s’était bien amusé ! Mais c’est très chronophage… Entre le boulot, le blog, les carnets, il faut malheureusement choisir. Ce n’est que partie remise, je rêve d’en faire en extérieur, en voyage, mais il faut de l’organisation et de l’assurance pour convaincre les modèles.

Invasion

As-tu quelques anecdotes à nous raconter ou une rencontre particulièrement forte qui t’as marquée ?

C’est toujours difficile de choisir. Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un couple rencontré en Roumanie. J’arrive à Oradea en fin d’après-midi, et je prends une chambre dans un de ces vieux hôtels qui ont eu du charme, autrefois, mais semblent maintenant à l’abandon, un peu décrépi. A l’accueil, il y a un jeune homme qui semble s’ennuyer. Je lui demande quelques conseils sur les bus, il me répond qu’il va se renseigner. Quand je redescends après m’être rafraîchie, il me présente sa copine : c’est elle qui est allée à la gare, alors même qu’elle ne travaille pas à l’hôtel ! Je suis épatée par tant de gentillesse, que je ne peux refuser de passer la soirée à la terrasse d’un bar, avec eux. Ils me racontent leur vie, me parlent de toutes leurs difficultés, du fait qu’ils n’ont pas les moyens de vivre ensemble et restent chez leurs parents, alors même qu’ils font de bonnes études. Elle parle un anglais impeccable, se débrouille en espagnol, et multiplie les diplômes, encore optimiste. Je suis gênée quand ils refusent que je paie l’addition, le jus d’orange étant presque aussi cher qu’en France (pour des salaires à 150€…)

Une dernière chose à ajouter ?

Je crois qu’on a fait le tour, non ?

Non, moi je veux rajouter une chose ! Merci Aurélie pour nous avoir baladé avec toi, et j’en profite pour donner un lien aux lecteurs vers ta page facebook ainsi qu’un lien pour commander ton Petit Guide du voyageur photographe disponible en version électronique ou papier et au prix réduit pendant une semaine !

Taggé , , , , , , , , , .Lien pour marque-pages : Permaliens.

2 réponses à ITW // Madame Oreille : voyageuse photographe

  1. Cool cette interview, et super belle qualité de photos !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *