Dilemme UGA : Nikkor 16-35mm f/4 ou 14-24 f/2.8 ? [résolu]

En achetant mon premier appareil photo plein format il y a une année, le fameux Nikon D600, j’ai fait le choix de renoncer au zoom du kit et de m’offrir à la place une focale fixe polyvalente, le Nikon 85mm f/1.8 et un objectif Ultra Grand Angle (UGA), le Nikon 16-35mm f/4 VRII.

Si le 85mm me donne entièrement satisfaction, je m’interroge cependant si mon choix fut judicieux concernant le grand angle quand celui-ci a pour concurrence une optique qui a fait la renommée de Nikon en la personne du Nikkor 14-24mm f/2.8 (ok, c’est pas une personne mais c’est une jolie tournure de phrase).

Ainsi, avec un an d’expérience avec le 16-35mm dans les pattes, j’ai envie de faire le bilan sur son emploi et le confronter à son grand frère en cernant quelles images ont été favorisées par l’emploi du 16-35 et quelles ont été au contraire ses limitations. J’ai également parcouru quelques forums afin de recueillir l’avis de personnes dans le même dilemme que moi.

Présentation des deux bébés

A ma gauche je présente le Nikkor 16-35mm, présent sur le circuit professionnel depuis 2010, il affiche un poids de 677.9g sur la balance. Pas très rapide avec un diaphragme max à f/4.0, il compense par une stabilité à toute épreuve grâce à sa réduction de vibrations de deuxième génération et une versatilité qui lui permet de s’adapter à la plupart des situations requérant un angle large de vision. Face à lui, son grand frère le Nikkor 14-24mm. Gros bébé courtaud à la tête bombée, c’est un poids lourds de 1.00kg mais très rapide (f/2.8). Découvert en 2007, il a depuis séduit son milieu et fait tremblé la concurrence en se distinguant pour sa qualité optique ex-ce-ptio-nnelle !
Le premier est côté sur le marché en ligne à 1k CHF quand son concurrent se démarque à 1’685 CHF.
Le match de ce soir s’annonce féroce, je vous demande un tonnerre d’applaudissement dans ce combat sans merci !!

Fiche technique

Nikon 16-35vs14-24

16mm vs 14mm

Sur papier, que 2mm séparent les deux objectifs, mais quand on a tâté des Ultra Grand Angle, on a tendance à vouloir un champs toujours plus large, pour englober encore un peu plus la scène dans le viseur. Et c’est vrai, gagner 7° dans le viseur change la donne de manière subséquente. La preuve en deux arguments :
Sur 5645 photos répertoriées au 16-35, 1449 ont été prises à 16mm (938 images à 35mm et 616 à 22mm). Je gage qu’avec un 14mm, j’aurais à nouveau utilisé le champs le plus large possible. (c’est un peu le propre des zooms, on a tendance à utiliser les extrêmes)
Le deuxième argument m’est venu alors que je photographiais à l’intérieur d’une cavité en Norvège. On avait passé l’après-midi à escalader la cascade de glace du lieu et une fois les bras épuisés, j’ai voulu photographier le paysage environnant depuis le fond de la petite grotte pour englober la cascade et l’île de Sommaroy en toile de fond. Pour cela je me suis reculé le plus que je pouvais, mais même ainsi, le cul contre la falaise gelée et la nuque douloureusement reculée, j’arrivais tout juste cadrer les glaçons présent dans le coin supérieur de l’image. Ici 7° de plus aurait fait toute la différence…

2013.02.06_Sommarøy_144.jpgau fond de la grotte @16mm

35mm vs 24mm

A l’inverse, le 35mm est une focale de reportage standard tandis que 24mm reste large selon les applications. Statistiquement 35mm fut la deuxième focale la plus utilisée (17% des images) mais surprise ! à 22 et à 25mm, j’ai quand même réalisé respectivement 11 et 9% de mes images…
Les utilisateurs bridés à 24mm le disent, cette optique ne sert qu’à l’emploi spécifique d’un cadrage grand angle tandis que le 16-35mm permet une certaine polyvalence. C’est d’ailleurs ce qui m’a séduit sur cette optique et ce qui a été démontré ici, me permettant de combler 75% de mes besoins annuel avec que deux objectifs (5645 images au 16-35, 5861 photos au 85mm). Les 25% restant ont été réalisés sur emprunt de matériel pour des mariages ou des concerts.

Skating the Light@35mm

Mais ça c’était avant que je devienne exigeant et capricieux ahaha. Même que dans un monde idéal, j’aurais un 70-200mm f/2.8 ET f/4, un 35mm f/1.4 et le nouveau 50mm f/1.4 (mais c’est de la masturbation photographique)

f/4 vs f/2.8

Entre ces deux valeurs, un stop les séparent. Oui, je vous entends dire « il suffit de doubler les ISO ou le temps de pose ». Alors oui, cette affirmation est vraie dans les cas les plus communs, mais je ne me contente pas des cas communs. Oooh le prétentieux..
C’est vrai, que ce soit en concert ou à la chasse aux aurores boréales, j’aurais besoin de ce stop de différence : garder un temps de pose suffisamment court pour figer le mouvement ou passer de 3200iso à 1600 est un gain non négligeable pour mon application spécifique.

BlurBlur à Paléo : iso 2000 16mm f/4.0 1/200

La stabilisation

Quelle est l’utilité de la stabilisation sur un Ultra Grand Angle ? Si le désir du photographe est de figer le mouvement, le temps d’obturation sera de toute façon plus court que celle critique pour s’éviter un flou de bouger. Mais vous savez qu’on ne vit pas dans un monde ultra net. Plus sérieusement, le stabilisation reste utile pour photographier une scène en basse lumière ou profiter d’une exposition plus longue pour obtenir des filés. La photo ci-dessous a été obtenue à main levée grâce au double usage de l’anti-vibration et d’une ficelle (o.4sec).

2013.09.29_London_096.jpg22mm f/6.3 0.4sec et stabilisation

Le poids

Ok le 14-24 donne une impression de robustesse mais 1.00kg c’est lourd. Fichtrement lourd. Si vous avez à vous trimballer cet objectif à bout de bras une journée entière ou l’ajouter à votre sac de randonnée, réfléchissez à deux fois ou assumez la tendinite de poignet. 30% plus léger, le 16-35 assure un bon équilibre sur le boitier.

L’usage de filtres

L’optique bombée du 14-24mm ne permet pas l’usage de filtre circulaire alors qu’une taille standard de 77m recouvre la tête du petit frère. En parcourant l’avis de photographes de paysages sur la toile, certains ont fait le pas de switcher du 14-24mm au 16-35 tandis que d’autres s’accommodent de filtre Lee (ou plus nocif pour la santé, sans filtre). L’emploi de filtre Lee est certainement la solution la plus professionnelle et la plus durable mais également la plus coûteuse à l’investissement, et plus délicate à l’emploi.

2012-08-22_causeway-coastal-route_041-2iso 400 11mm f/9.0 30sec filtre ND

Le prix

Au jour d’aujourd’hui, le 14-24 est 60% plus cher que son comparse. Pour 600.- vous prenez un billet pour l’autre bout de l’Europe et ramenez des superbes images hors du commun que vous auriez tout de même souhaité prendre avec du matos plus pro ! Bande d’éternels insatisfaits.

Le piqué, la distorsion et les aberrations chromatiques

Honnêtement, on s’en fout… Ces objectifs haut de gamme savent de toute façon répondre au standard de qualité requis et les quelques pétouilles de défaut sont soit imperceptibles pour qui ne photographie pas des mires ou facilement corrigibles en post-traitement.

Sigur RosSigur Ros

Bilan

Alors que choisir entre ces deux montures de choix ? Mes lectures sur le 14-24mm sont unanimes : c’est un objectif exceptionnel qui ravit tous ses possesseurs ! A tel point que certains Canonistes jaunissent à sa vue et vont jusqu’à l’utiliser sur leur 5DMkIII via une bague d’adaptation. Ses uniques inconvénients sont son poids, son prix et sa lentille bombée. Si quelques rares usagers ont sont venu à le troquer pour un 16-35mm, ce dernier est surtout d’un usage plus versatile, plus abordable et qui séduit généralement le photographe mainstream standard conventionnel, bref je ne trouve pas de terme qui ne sonne pas péjoratif car cet objectif est évidemment à même de délivrer des photos exceptionnelles dans beaucoup (plus) de situations. En gros, il n’y a pas de mauvais choix mais juste quelques photos que vous ne pourrez pas faire ou quelques contraintes intrinsèques à l’emploi de tels objets élitistes.
Béni soient les possesseurs du Canon 17-35mm f/2.8. Même s’ils jalousent tout de même les performances du 14-24 Nikon, ils se posent peut-être moins de question (quoiqu’on est tous les même).

MA solution et mon choix inattendu

Que faire alors ?
Selon mon usage personnel, je me rends compte qu’aucun des deux objectifs n’est à même de répondre à l’intégralité de mes critères de sélection hyper-précis et rigoureux : j’aime le 16-35mm pour son poids, son usage de filtres standards et son prix mais dans certains cas j’aurais besoin d’un angle encore plus grand et qui ouvre un tantinet plus à la fois. Cependant j’ai trouvé la solution, mesdames et messieurs ! Pour un prix inférieur et le poids d’un 14-24mm, je couvre tous les avantages précités et qui vont faire mon bonheur au Canada où je pourrais photographier les aurores boréales la nuit et utiliser mes filtres pola et ND en journée !
Comment ? me direz-vous..
Hé bien en achetant, en complément à mon 16-35mm, le Samyang 14mm f/2.8 !
Cet objectif tout manuel du fabricant sud-coréen allie la qualité optique des meilleurs Nikon pour un prix et un poids défiant toute concurrence ! Une fois calé à f/2.8 en hyperfocale, j’aurais alors tout loisir de faire de la photo d’astronomie ou de concerts tout en gardant le 16-35mm pour les usages plus généraux, pas mal non ?!

Bien sûr, cette solution reste à être encore éprouvée sur le terrain, mais vous, que pensez-vous de cette idée et qu’auriez-vous choisi à ma place ?

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5 réponses à Dilemme UGA : Nikkor 16-35mm f/4 ou 14-24 f/2.8 ? [résolu]

  1. Seb F. dit :

    Article super-intéressant…
    C’est d’ailleurs marrant, plus j’avancais dans l’article et plus je me disais : « mais il faudrait qu’il essaie le Samyang 14 en complément du 16-35, ça se trouve ça lui conviendrait » !
    O surprise à la conclusion 🙂
    Du coup, moi qui ne suis pas très zoom, je me tâte quand même à compléter mon Samyang 14 avec ce 16-35 ; tu m’as presque convaincu !

  2. Adil dit :

    Ba en tant que cannoniste (dieu que je déteste écrire cela), j’ai le même dilemme par rapport au 16-35 f/2.8 et le 17-40 f/4 (que je possède). Est ce que le prix vaut tant la peine que cela ? C’est clair que le stop supplémentaire fait zizir dans la maison. Mais comme tu la dis, je peux partir 1 bon mois dans un pays pas cher avec cela.

    Mais je me connais, je vais probablement updaté pour ne pas avoir de frustration sur le terrain. Et après tout si tu fais gaffe, ca dure longtemps ces petites choses.

    Pour ton choix, je ne pense pas que cet objectif en plus soit une bonne idée que ce soit en matière de poids ou même a cause du fait de devoir changer d’objectif en pleine action.

    Après ce n’est que mon avis.

    Cheers,

    Adil.

  3. Ou « de l’art d’esquiver le dilemme par la pirouette ». Du coup, moi, je vais peut-être m’acheter un cornet de frites. Plus sérieusement, fais-nous des retours sur le Samyang. A priori – et étant grand partisan de l’hyperfocale – je le sens plutôt bien.
    Marco Carbocci Articles récents..Retour aux Marolles.My Profile

  4. Emile dit :

    Le 14mm Samyang est plein de qualités mais il faut l’apprivoiser, notamment sa déformation géométrique en vagues. Il est aussi bien plus sensible à la mise au point que je ne le pensais (en me souvenant de mon Rollei 35 avec son 40mm/2.8 qu’on réglait à l’estime…).

    Par contre, question piqué, on peut même photographier un cactus dans les coins et il reste piquant 🙂

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