L’Irlande du Nord, en route pour la Chaussée des Géants

Résumé de l’épisode précédent (L’Irlande, de Dublin à Galway – cliquez ici) :

En août 2012,  je suis parti en Irlande rendre visite à mon ami Aaron. Les trois premiers jours nous ont vu visiter les vertigineuses Cliffs of Moher puis de traverses les landes du Connemara. J’avais terminé le récit sur un mail m’annonçant l’annulation de la réservation de mon véhicule pour le lendemain matin. Entamons donc un milieu de semaine placé sous le signe de Murphy (qui est aussi une stout brassée à Cork).

The Dark Hedges en Irlande du Nord

The Dark Hedges en Irlande du Nord

 

Jour 4 – Athlon, 7a.m. – Départ pour Belfast

C’est anxieux que je me suis réveillé ce matin-là, avec en tête ce message de l’agence de location de véhicules m’annonçant l’annulation de ma réservation. Pour en avoir le coeur net, Aaron m’emmène à l’agence à 8h comme il était prévu initialement. Le bureau de location de voitures Entreprise est situé dans un quartier délabré un peu en dehors de la ville. L’hôtesse m’accueille au comptoir miteux et prend mon numéro de réservation puis après vérification me demande si j’ai reçu un message. Je répond que oui, et que je suis étonné par l’annulation de ma réservation.
On a plus de voiture disponible, qu’elle me dit.
– Comment ça, je réserve 3 jours en avance et c’est la veille qu’on me prévient ?
– C’est qu’on a essayé de vous téléphoner, mais on a pas réussi à vous joindre, alors on vous a envoyé un mail..
– Bravo, et je fais comment maintenant ?
– Ben, on est navré, mais si vous attendez jusqu’à 9h – 9h30, peut-être que si un client ne se présente pas vous pourrez avoir son véhicule..

Aaron s’était déjà mis en retard pour m’amener à l’agence, alors on a laissé mon numéro, le sien et on est sorti pour réfléchir.
– Quelles sont les chances d’avoir une voiture maintenant ? 20%, 25% ? Je lui demande
– Je sais pas, mais si tu veux il y a un bus pour Dublin aéroport dans 15 minutes.

Décision rationnelle, Aaron m’a posé à l’arrêt de bus et a filé à son boulot. Une fois en route, j’ai coupé mon téléphone (pas envie d’avoir affaire avec les autres blaireaux) et j’ai essayé de me connecter au wifi, mais en vain (je vous ai dit que les bus ont le wifi en Irlande ?). Arrivé à l’aérogare, j’avais le choix entre les grandes compagnies de location habituelles.
Je vais à un comptoir de libre où un Irlandais qui se donnait des airs de petit chef prend note de ma requête pour une petite voiture de tourisme et me renvoie vers son larbin.
– Une petite voiture vous dites ? C’est haute saison, vous savez, ce sera donc 76€, par jour, plus la taxe d’aéroport, plus l’assurance obligatoire à 13€/j. Ah et il vous faut le GPS aussi ? Et je vous facture aussi le plein en avance, pour un total de 531€ et des brouettes.

J’ai bien tiqué un peu en lui tendant ma MasterCard : j’avais une réservation pour 86€ à Athlone et là c’est 6x plus cher ! Je cogite. Est-ce que j’ai loupé une étape ? Est-ce que c’était peut-être aussi 86€ par jour, ai-je loupé une condition ou dupent-ils les clients d’une façon ou une autre ?
De toute façon je n’avais pas le choix, alors je fais contre mauvaise fortune bon coeur (qu’il est con ce Régis) et je ressors avec une Toyota Yaris flambant neuve. Ah oui, c’était la compagnie Budget

Sur la route de Belfast, pas de problème à me réhabituer à la conduite à gauche (j’avais quand même conduit 20’000km en Australie l’année d’avant) et l’autoroute taille droit au Nord. Voulant manger un truc au bout de 2h de route, je prends une sortie au hasard. C’est curieux, la route est droite, fluide, hors centre urbain mais c’est limité à 40… Je regarde le GPS : 64km/h. Bienvenue en Irlande du Nord : fini le système métrique et God save the Queen.

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Bienvenue en Irlande du Nord

Je vous épargne l’étape Belfast : j’y suis resté que 3h. J’avais pour projet d’y passer la nuit, mais un festival se déroulait en ville. Imaginez les Black Keys et les Foo Fighters dans un pays où il ne se passe pas grand chose : plus de logement vacant dans la capitale.
Alors j’ai repris la route : la Causeway Coastal Route, une des routes côtières les belles du monde.

Sur la carte, la plus grande ville à proximité s’appelait Larne. En y arrivant, vers 7h du soir, c’était une ville fantôme : volets tirés, devantures rabattues, rues désertes, sans véhicule ni piéton. Tout ce qu’il y a d’ouvert, c’est un bottle shop (pour distraire les adultes) et une marchande de glaces (pour occuper les enfants). Dans le premier, on me signale qu’il n’y a pas de gîte d’aucun genre mais qu’il faut aller à Ballygalley tandis que la clientèle de la glacière (pas froide pour autant) m’indique le pub où je pourrais trouver une chambre. Alors je me rendis au Dan Cambell’s.
Dedans, le serveur, un jeune rouquin, et un vieux dégarni sirotait sa Guinness devant un écran diffusant un match de football. J’ai commandé une Guinness d’un air las puis j’ai demandé le prix d’une chambre. 30£, me dit le rouquin. 30£ ? J’avais une vague idée du taux de change £/CHF et je trouvais que ça faisait beaucoup, surtout après m’être fait entubé pour la location de la Yaris. Je commençais à être fatigué et oscillait entre l’envie d’un bon lit et ménager ma Mastercard. Alors que j’essayais de négocier le prix de la chambre, le patron/gérant arriva. Il commença à me parler mais je ne compris rien-du-tout. C’était toujours pas du gaélique (enfin, je crois pas) mais c’était tout autant incompréhensible. En 5 minutes de conversation, pardon, de monologue, j’ai juste compris qu’il s’occuperait bien de moi et qu’est-ce-que je voulais pour le breakfast. Une fois parti, je demanda au rouquin : « C’est bon, il m’a fait une réduc ? » – « Non, c’est toujours 30£ la chambre » répliqua-t-il du même ton je-m’en-foutiste. Je fini ma Guiness et lui dit « Ok, je vais chercher la voiture ».

Une pinte de Guinness dans un Irish Pub

Une pinte de Guinness, un Irish Pub

En chemin, je me dis qu’il faut quand même que je cherche le Guest House de BallyBallo-MachinChose indiqué par le bottleshop.. 30£, merde..

Je l’ai pas trouvé. Mais à ce moment-là je m’étais déjà résigné à coucher dans la voiture.

Alors j’ai fait route pour la campagne avec un pauvre sandwich acheté dans une station-service et je me parque sur le bas côté pour y passer la nuit. Fin du 4ème jour.

Jour 5 – Sur le siège passager de la Toyota Yaris, 5a.m.

C’est ankylosé sur le siège passager que je me réveille d’une nuit agitée. J’ai essayé le siège passager, puis la banquette arrière pour finalement retourner sur le siège passager. C’est vraiment pas grand ces Yaris.
Il est 5h30 du mat et l’aube pointe dans la campagne irlandaise. Super, je vais pouvoir bénéficier de la Causeway Coastal Route avec la lumière de l’aurore et sans une armada de camping-car.

La route dévoile le paysage irlandais composé d’une côte où les vagues viennent lécher de gros cailloux noirs polis par les marées, quand de temps à autre, un détour permet de s’enfoncer dans les terres parsemés de collines. Les moutons y paissent l’herbe rase. Parfois un panneau indique une curiosité comme une cascade, un château ou une vielle ruine à découvrir. La lumière est très belle lorsqu’elle perce les nuages.

La colline aux moutons

La colline aux moutons

La matinée passe ainsi à sinuer entre les falaises et les collines. Sur le coup des midis j’arrive à Ballycastle où je décide de trouver un logis pour la nuit. Après être passé par Armoy et Ballymoney, je trouve un YHA sympa à Bushmills qui en plus est très proche des Giant’s Causeway, ma destination photographique du soir. Un sandwich plus tard, je repars faire la route entre Bushmills et Ballintoy qui est franchement la plus belle partie de la Causway Coastal Route. Le paysage y est très découpé, dramatique tandis que le soleil plonge dans la mer.

Soleil couchant sur les falaises

Soleil couchant sur les falaises

Absorbé par le spectacle, je me rends compte que je vais louper le couché de soleil à la Chaussée des Géants. Sur la photo précédente je croyais avoir le temps mais j’avais encore 15min de marche puis 15 min de voiture avant d’arriver au parking du lieu le plus touristique de l’Irlande du Nord. Le piège est qu’il me fallu encore 10 autres minutes de courses avec 8kg de matos avant d’arriver au pied de ces cailloux hexagonaux issus de l’ancestrale activité volcanique de l’ile.
Le soleil avait déjà plongé dans la mer mais la lumière du crépuscule restait belle alors que la lune pointait entre deux promontoires rocheux.

La Chaussée des Géants au crépuscule

La Chaussée des Géants au crépuscule

Il restait une demi-douzaine de personnes sur le site et j’aime m’imprégner des lieux sans avoir l’impression d’être le 15’000ème touriste de la journée. Une fois la nuit tombée, j’ai sorti mon arsenal de lightpainter et je me décida de créer une photo différente que la banale vue du dessus. Je vous invite à voir le résultat qui a été sélectionné par Canon France.
Quand je finis, il ne restait plus que deux grosses dames qui fumaient dans leur voiture. Elles acceptèrent de me repousser au parking.
Mais la nuit n’était pas finie : un autre lieu emblématique m’attendait. On les appèle les Dark Hedges. Il parait que c’est un lieu de tournage de Game of Thrones. Pour tout vous dire, j’ai lu les livres de la série il y a quelques années. Deux fois. Alors quand j’ai regardé le premier épisode, j’ai été déçu par un univers cinématographique qui ne collait pas à mon imaginaire. Bref, à l’époque, loin de savoir que la série était en tournage dans les environs, j’ai simplement sorti mon deuxième lightpainting de la soirée.

Les Hombres : The Dark Hedges

Les Hombres : The Dark Hedges

A ce moment-là je pouvais déjà considérer mon voyage comme une réussite.

Jour 6 – Au YHA de Bushmills

Aujourd’hui programme libre. Je n’avais rien de prévu avant de faire du Couch Surfing le soir. Alors je me suis promené à LondonDerry qui est une ville fortifiée dont les remparts font tout le tour puis je me suis gentiment dirigé vers Gortin. Gortin est un petit village de 600 habitants paumé dans la campagne. J’avais rendez-vous au pub avec Andy, mon hôte pour la nuit. Le Couch Surfing est un réseau mettant en relation un voyageur avec un autochtone qui accepte de prêter son canapé à un étranger. La pratique s’étend dans le monde entier et outre l’aspect économique (l’hôte ne demandant généralement pas d’argent), l’avantage est d’entrer en contact avec des locaux et avoir des tuyaux sur les lieux, s’imprégner de la culture et partager un moment de convivialité.
C’est ainsi qu’Andy, un grand et sympathique gaillard d’à peu près mon âge, m’a rencontré au pub pour notre première Guinness. Après la seconde, il m’a invité à rentrer chez lui, à une quinzaine de minutes de route.
Et là j’ai eu ma plus forte expérience culturelle du séjour : il vit dans un pub ! A la clôture de celui-ci quelques années auparavant, il a décidé de reprendre les lieux pour y habiter. C’était un tout petit pub mais il subsiste tout de l’Irish pub : le bar avec les verres et les tireuses à pression, les tabourets et tables d’angle, la décoration au mur et la caisse enregistreuse.

Dans l'Irish Pub d'Andy, le chercheur d'or

Dans l’Irish Pub d’Andy, le chercheur d’or

Andy fut vraiment convivial. Pour preuve il a été me chercher directement après son boulot de chercheur d’or, boulot duquel il s’est rendu directement après le festival de deux jours à Belfast qui m’avait empêché d’y rester. Après m’avoir offert le souper, on est redescendu au pub boire des bières et du cidre et jouer au billard. A l’époque, il y avait 8 bars dans le village pour ses 600 âmes. Quand on voit la météo et les Irlandaises, on a peut-être un début d’explication. Je dis ça, je dis rien..
Toujours est-il que j’ai passé une excellente soirée et peut affirmer avoir passé une nuit entière dans un Irish pub !

Jour 7 – Après une nuit dans un Irish Pub

Dernier jour de voyage avant de retrouver Aaron à Athlone. Andy m’a suggéré de me rendre sur Boa Island où se trouvent des tombes particulières.
Mais avant ça je suis allé prendre le petit déj dans une bourgade nommée Omagh. En revenant à la voiture, j’ai eu le bonheur de découvrir une amende de 90£ pour stationnement. A ma décharge, c’était très mal indiqué et j’avoue n’avoir toujours rien payé. Ceci n’est pas une incitation aux contraventions, mais il n’existe pas d’accord entre la Suisse et l’Irlande concernant la loi sur la circulation. J’ai bien reçu l’amende jusqu’en Suisse, mais ce n’était qu’une tentative de bluff.
J’ai alors continué ma route pour découvrir ces pierres tombales. Personne ne connait l’histoire de ces sépultures mais un visage orne les deux côtés de la pierre, loin de ressembler à aucun standard celtique ou chrétien. On dirait des mini-statues de l’île de Pâques.

Les curieuses sépultures de l'île Boa

Les curieuses sépultures de l’île Boa

Le soir, j’ai retrouvé Aaron chez lui avant de rentrer le lendemain en avion.
Ah oui, rappelez-vous, Aaron avait aussi donné son numéro à l’agence de location. Une demi-heure après que je sois parti en bus, ils l’avaient appelé pour lui dire qu’ils avaient trouvé une voiture pour moi…

Quoi ? T'aurais eu une voiture pour 86€ pour finir ?

Quoi ? T’aurais pu avoir une voiture pour 86€ pour finir ?

Hopla ! Mon nouveau photoblog est sorti !

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Enfin !

C’est avec une année de retard sur mes prévisions que vous découvrez la nouvelle mouture de mon site qui regroupe anciennement mes blogs de photographie et de voyage.

Maintenant le site s’articule en 3 parties :
La première partie, Récits illustre mes expériences en tant que photographe et baroudeur. Ces prochaines semaines, vous aurez le plaisir de trouver, un an après, la deuxième partie de mon séjour sur la route des Giant’s Causeway en Irlande avant de vous emmener sous les aurores de Norvège. Des récits frais et dépaysant pour vous rafraichir de la canicule. Je vous décrirais aussi ce que ça fait d’être accrédité sur le plus gros festival Open Air de Suisse.
La partie Chroniques concerne la photographie de manière général avec des interviews d’artistes qui m’inspirent ou des articles sur le matériel et la technique. Au programme, des conseils pour les strobist amateurs et aussi de quoi s’initier au lightpainting.
Et pour finir, vous êtes invité à jeter un oeil à mon nouveau Portfolio, encore plus beau pour les yeux.

That’s it. Je vous laisse flâner sur le site et n’oubliez pas de me donner vos impressions en commentaires.

Bonne visite,

Rgs_

L’Irlande, de Dublin à Galway

Les landes du Connemara

Au moment où je commence le récit, nous sommes déjà au 4ème soir de ma semaine de vacances en Irlande et une fois encore la nuit sera courte. Sauf que cette fois je m’apprête à dormir dans la voiture que j’ai louée à un prix astronomique aujourd’hui.
Tiens, ça me rappèle toutes ces nuits à dormir dans mon van en Australie dans des lieux atypiques, voire carrément glauque. Sauf que ce soir, même avec vue, le siège passager d’une Yaris ne vaut pas le King Size bed de mon vieux White Wombat Mobile

Jour 1

Tout avait bien commencé, le samedi précédent. La veille, j’avais eu un souper avec mes vieux camarades d’école, 10ans que je ne les avais pas revu. Alors samedi je m’étais levé après 4 petites heures de sommeil pour aller prendre le premier train qui m’amènerait à Zurich Aéroport. J’étais un peu angoissé car je n’avais qu’une heure et quatre minutes entre l’arrivée du train en gare et le décollage de mon avion à destination de Dublin. Mais je dois dire que le service à l’aéroport s’améliore : en fait il m’a fallu moins de 20 minutes pour trouver le comptoir de la compagnie, déposer mon bagage en soute, passer la sécurité et passer dans la zone d’embarquement. L’avion était pile à l’heure.

En début d’après-midi, je retrouva mon amis Aaron à Athlone. Aaron est un Canadien ayant étudié l’horlogerie en Suisse et qui exerce maintenant en Irlande. Et sa passion pour la photo égalant la mienne, on était promis à quelques bons clichés.
Le planning était de tirer à l’ouest pour choper le coucher de soleil aux fameuses Cliffs of Moher, de vertigineuses falaises qui plongent droit dans le Pacifique après 200m d’abime.
En arrivant sur place en début de soirée, le vent avait fait fuir la majorité des touristes. La promenade était sympathique et s’étirait le long de la falaise, mais j’étais quand même un peu déçu par le point de vue proposé. Or à 20 mètres en contrebas du sentier, une table rocheuse s’élançait dans le vide. Alors contre toute recommandation, on a enjambé le muret pour descendre y jeter un oeil.

Spectaculaire.

Vue imprenable sur les Cliffs of Moher

Au bord du précipice, on avait vue sur l’entier de la falaise qui se découpait en rythme sur la gauche, tandis que sur la droite un rocher couvert de mousse d’un vert vif avançait dans la mer, un château surplombant l’abime (à voir en grand sur 500px). Il parait que des gens se tuent chaque année aux Cliff of Moher, par désespoir ou par inadvertance, même si dans rangers patrouillent régulièrement. Heureusement pour nous, la roche était sèche, le vent modéré et prudence est mère de sûreté. On resta là presque deux heures le temps de se régaler du soleil couchant.

La nuit tombée, on s’est mis en quête de notre accommodation, le Burren Hostel. Le Burren est le nom de la région où nous nous trouvions et recèle un riche passé néolithique : les ruines de châteaux, d’église et de cimetières sont légions et se découvrent à chaque contour. En passant devant un vieux château au cachet inestimable, on a vu le signe du Burren Hotel. Wahou on s’est dit, grand luxe ! Mais l’hôtesse d’accueil n’avait pas notre réservation, et pour cause : on était dans un Hostel et non pas à l’Hôtel. Qu’importe, on a déniché notre demeure un peu plus loin sur la route avant d’aller boire notre première Guinness dans un vieil Irish Pub bondé.

Jour 2

On a mis le réveil à 5h30 un dimanche matin. On a décidé d’aller dénicher un vieux dolmen plus âgé que la pyramide de Kehops pour le lever du soleil. C’est les yeux encore collés qu’on trouve l’édifice. Mais il est tout petit ! Il parait tellement majestueux en photo qu’on croirait pas qu’il culmine à 1m80 au garrot. Mais la magie de l’aube opère et on repart avec un beau souvenir des lieux.

Le Dolmen de Poulnabrone dans le Burren

Après les toasts, on charge la voiture en direction du Connemara. C’est à Galway que tombent les premières gouttes du voyage, rien de bien méchant.
On a tous les paroles des lacs du Connemara en tête pour l’avoir étrillé en karaoké, n’est-ce pas ? Ben ça y est, des dizaines de lacs se nichent aux creux des vallons les plus dramatiques du pays. Mais parlons plutôt de cette cascade, dont le cours d’eau se jette dans le Pacifique. Sur sa rive gauche se trouvait deux pêcheurs, un père et son fils, maniant la mouche avec dextérité. Puis c’est là que j’ai vu mon premier saumon sauter hors de l’eau. James, le fils m’expliqua que les poissons remontaient la cascade, qui devait faire dans les 3 mètres de dénivellé, pour aller frayer plus en amont. Ils étaient là depuis deux jours mais ils n’avaient encore rien pêché. En plus le temps n’était pas très favorable, les poissons étaient plutôt farouches… Sitôt la complainte lancée, le fil commença à se tendre. Le poisson était ferré.
Trois minutes plus tard il ramenait un saumon de 60cm dans l’épuisette. Un petit, qu’il me dit, mais suffisant pour faire son bonheur.

James vient de ramener son premier saumon

Le soir, c’est une Irlandaise dans son Bed & Breakfast à Westport qui nous accueilli et au souper on mangea des produits frais de l’océan dans un pub huppé : un Irish pub mais avec des tables cirées, des couverts soignés et des serveuses plutôt jolies, selon les critères locaux.
En passant en ville, on a vu une file qui s’étendait à perte de vue, serpentant entre les vieux bâtiments en maçonnerie. Un enterrement. On est repassé deux heures plus tard, la procession était toujours aussi longue.  Je souhaite à tout le monde d’avoir un tel hommage à son enterrement.

Jour 3

Aujourd’hui on a continué notre visite du Connemara. Le plafond était bas et les gouttes tombaient pas intermittence. On s’est simplement baladé le long des collines pour y découvrir moutons, vieilles barques et mûres sauvages avant de prendre la route du retour.

Les Irlandais aiment visiblement laisser trainer leurs vieilleries

Parlons-en un peu des routes : tout d’abord, conduite à gauche. Les autoroutes ressemblent à nos autoroutes mais ce sont les routes secondaires qui changent. Elle paraissent plus étroites, mais ce n’est pas le problème. Ou ça coince (façon de parler), c’est que souvent il y a un muret de pierres de chaque côté mesurant entre 1m et 1m20. Ils ont tellement de pierre dans les champs qu’il faut bien en faire quelque chose, alors ils murent les routes. Mais avec le climat local, les murs viennent recouverts de lierre, d’arbuste, d’arbres et de végétation de toute sorte. Ajoutez à cela des virages et une limitation à 100km/h et vous vous rendrez compte que ce sont des kamikazes !

Heureusement que le pays est suffisamment petit pour rallier facilement ses destinations.
Alors de retour à Athlone, on a visité le patron d’Aaron qui fabrique ses propres montres puis nous a indiqué un endroit où nous pourrions trouver une ruine sympa à visiter.

Effectivement, à 10km de là un vieux bâtiment était planté dans un champs. Vieux… peut-être pas pour les critères de l’Irlande. C’était un genre de grande résidence en béton sur deux étages, sauf que tout le plancher de l’étage s’était écroulé, ainsi que le toit. A l’intérieur, la végétation avait colonisé le lieu : des arbres de bonne taille poussaient au milieu des pièces, le lierre courrait le long des murs et le sol était un mélange d’humus et de gravas. Après inspection des lieux, nous décidâmes de retourner de nuit pour faire quelques photos en pose longue. Alors on a quadrillé la campagne pour trouver un spot photo pour le crépuscule, et boire une Murphy’s dans un bar complètement perdu, quoique toujours bien fréquenté.

De retour à la nuit tombée dans la ruine, j’ai posé le trépied avec en tête l’idée de faire la photo pour notre prochain défi Strobi « Peur dans la nuit« . Au programme, un mélange de Strobism et de fantômes en Lightpainting. Alors que j’étais aux préparatifs, Aaron vadrouillait hors de vue dans le bâtiment.
Quand soudain, dans l’embrasure de la porte au second étage, la silhouette d’un homme se découpa du fond nocturne.
Le type était grand, sec, tenait un bâton ou une canne fermement en main mais se tenait coi, scrutant attentivement la pénombre. J’étais en contre-bas, l’observant à mon tour. Je ne sais pas s’il me voyait dans le noir, mais j’ai commencé à appeler mon camarade : « Aaron… there is someone. Someone up there… » et lui, il commença à flipper, pensant qu’on le traquait dans le noir…

La vieille ruine abandonnée où on s’est fait surprendre

Jusqu’à ce qu’enfin, l’homme prit la parole d’une voix sèche. Le propriétaire – bien vivant – des lieux. Il venait s’enquérir de ce qu’on foutait dans sa baraque de nuit… Il releva nos noms, demanda ce qu’on faisait dans la vie et quel était le motif de notre présence. Il était particulièrement méfiant car il s’était fait cambriolé deux semaines auparavant. Je n’aurais jamais imaginé, mais l’Irlande est aussi en récession et la criminalité est en pleine augmentation.
Quoiqu’il en soit, on a pu terminer notre photo tranquille dont vous pourrez admirez le résultat à priori le 19 septembre sur Strobi.fr

En rentrant, à minuit passée, éreinté et ayant manqué la fermeture du dernier fast food pour 10min, j’ai relevé le mail m’annonçant l’annulation de la réservation de mon véhicule pour le lendemain 8h…

L’Irlande en 13 points

Premier soir, déjà mémorable avec le couchant sur les Cliffs of Moher

Voila presque une semaine que je suis rentré d’Irlande et je sens qu’il me faudra quelques jours supplémentaires avant de publier le récit complet.

Alors je vous fais un rapide résumé pour vous tenir alléché :

L’Irlande ça été

    • 7 jours de voyage
    • 1474 km de voiture
    • 264 km de bus avec wi fi (en panne)
    • 691 photos
    • une douzaine de Guinness, Murphy’s et autres Bulmers
    • 2 couillonades pour la location de la voiture dont 554€ pour 3 jours et demi de location
    • 7 nuits dans 6 lieux différents, y compris dans la voiture et un Irish pub
    • 1 seule nuit plus longue que 8 heures
    • 1 amende de 90£
    • 1 objectif de cassé
    • L’explorations de vieilles ruines dont des châteaux, des églises et des cimetières
    • Se faire surprendre, de nuit, dans une ruine, par le vieux propriétaire, armé et menaçant
    • Des souvenirs pour la vie

Ci-dessous, l’itinéraire sur 7 jours : en bleu, la route avec mon ami Aaron, en rouge mon itinéraire perso.



Le récit completse trouve ici !

R_

ITW // Le collectif je shoote RAW

Allez une spéciale sur le blog, on accueille pas un photographe ce soir, mais 13 d’un coup ! Ils font partie du collectif « Je shoote RAW » qui réuni une foule hétéroclite de talents, chacun avec son style et son humour. C’est parti je leurs cède le micRAW :

Allfortof

Age : 36ans…déjà !

Pratique la photographie depuis : 3 ans

Amateur ou Pro : Amateur

Spécialité : Paysage, Archi, Paris est mon terrain de jeu préféré

« Tu la veux celle la ? » faite lors des 7 semaines de mauvais temps sur Paris… Je cherchais un truc original pour ma photo de profil, j’ai un côté moqueur, et un côté gueulard…on va mettre ça sur la même photo tiens !

Si j’ai bien compris, tu est le fondateur de Je Shoot RAW. Veux-tu nous bien expliquer la genèse du collectif ?

J’ai pris l’initiative de créer ce groupe car j’en avais marre tous les jours de chercher les nouveaux post de mes coupains. Je me suis dit :

– Tu as plusieurs détraqués dans ton entourage, fous de photos, avec un style bien à eux, perchés comme moi, mais avec une patte perso, leur goût bien défini, reconnaissables ! Pourquoi pas leurs proposer un mélange des genres et poster nos exclus au même endroit, préparer des shooting ensemble, s’entraider pour la technique, la retouche, et bien déconner tout simplement ?

Nous étions 9 le 1er jour et avons estimé que certains manquaient à l’appel, et avons clôture notre dossier à 13 ! Chiffre culte pour beaucoup, qui ne représente rien de précis pour nous si ce n’est que nous resterons quoi qu’il arrive liés comme les 13 fous de raws que nous sommes. Pas de nombrilisme, pas de chef, pas de prise de tête. Beaucoup de franchise dans nos critiques, ce qui nous permet à tous de progresser et de nous remettre souvent en question. Des sorties à 5h du mat pour croiser un lapin sur les quais de Seine, ça n’a pas de prix ! La suite

Paysages d’Indonésie

Pour finir la série sur l’Indonésie, voici quelques paysages que j’ai envie de partager avec vous. L’été passé, je me trouvais sur l’île de Java pour des moments intenses en émotions et en événements. Et un paysage riche, passant de la plage de sable fin au temple caché dans la forêt tropicale ou les rizières au pied du volcan.

Ces images m’évoquent toujours des lieux riches en souvenirs.

Le Mt Merapi au milieu de l’île de Java, toujours en activité et probablement le plus dangereux d’Indonésie

Le temple de Pura Ulun Danu consacré à la Déesse du Lac

Le temple des mers de Tanah Lot au crépuscule

Un cours d’eau rafraichissant au milieu de l’île de Bali

Le Gunung Batur, un des volcans de Bali

 

Une autre vue du Merapi, comme un air de Jurassic Park

 

Un dernier crépuscule dans les rizières de Salatiga

 

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Quelques scènes de vies indonésiennes

Troisième tour en Indonésie, avec cette fois simplement des scènes de vie croquées au détour d’une rue, le long d’une promenade dans une rizière ou en bord de plage.
Côté technique pour les intéressés : tout au 50mm f/1.8 à f/4, la focale idéale pour ce genre de clichés en voyage.

N’hésitez pas à me faire part de vos remarques ou de votre photo favorite 🙂

Une vendeuse de sarong aux abords du temps de Gunung Kawi La suite

Dans les champs de thé de la campagne javanaise

Allons visiter les champs de thé !

La semaine passée je vous avais fait visiter l’atelier de l’orfèvre Tom à Yogyakarta. Ce soir je vous emmène dans les champs de thé dans la campagne proche de Bandung. Le thé, avec le riz, l’hévéa dont on tire le caoutchouc ou le tabac, fait partie des revenus agricoles destinés à la consommation locale et à l’exportation de l’Indonésie.

On était parti visiter l’île de Java et on s’est retrouvé à Sari Wangu, un centre thermal à l’eau sulfureuse tempérée grâce à l’activité volcanique de la région. Notre cottage avait donc sa piscine et le centre offrait différentes activité comme tir à l’arc, fish therapy, quad ou en l’occurrence, la découverte de la production de thé.

En premier lieu, nous avons grimpé à bord d’un véhicule tout terrain mais terriblement inconfortable qui nous a fait gravir des collines recouvertes d’arbustes. On pourrait croire de loin à de la vigne, mais ce sont bien les théiers. La suite

ITW // Les Montréalais Benjamin Von Wong et Erwan Cloarec

Desert Queen

J’ai le grand plaisir d’accueillir en interview les Canadiens Benjamin Von Wong et Erwan Cloarec. Ayant eu la chance de les rencontrer en mai dernier à Paris, je voulais à tout prix les passer à la moulinette des questions. Même s’ils n’ont eu le temps de donner suite à ma requête qu’à leur retour à Montréal, ils ont réussi à prendre quelques minutes dans leur agenda surchargé entre mariage, montage, post-traitement et autres occupations. Merci à eux deux, parce que ce sont quand même des types géniaux !

Salut Erwan, qui es-tu ?

Salut, je m’appel Erwan Cloarec, je suis Franco-canadien. 24 ans. Je suis en train de finir un Bachelor en Sciences politiques et Histoire à l’Université de Mcgill à Montréal.

Ta passion pour la vidéo, comment es-tu tombé dedans?

J’adore le cinema et les arts visuels. Ce qui m’attire, c’est la possibilité de raconter des histoires et rassembler des émotions. J’ai vraiment commencé à faire des vrais projets video quand j’étais au lycée. Avec un ami on a fait un court-metrage : ‘‘Le jour de la Masse » dont la production a duré presque un an (écriture, réalisation et montage).
C’était très amateur, mais chaque plan était réfléchis dans un contexte pseudo- philosophique :D. Après ce film j’ai réalisé qu’il fallait que je continue à raconter des histoires à travers le médium de la camera.

Aujourd’hui je me considère toujours amateur, mais j’essaye de rendre un travail plus propre et professionnel.

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Est-ce que c’est un hobby plus accessible ou plus ardu que la photo ?

Accessible, oui absolument. Si on parle d’un point de vue matériel, on a pas besoin de débourser des fortunes. Grace à la révolution HDSLR, on peut maintenant faire de la video très pro avec un entrance level camera si on sait comment exploiter son potentiel.

La question touche plutôt l’approche créative. Et à ce niveau la photo et la video ne sont pas comparable :
Je vois ça comme ça: la photo et la video sont deux manières distinctes de raconter une histoire. Un peu comme l’eau est capable d’être vapeur et glace, la photo c’est un peu comme la glace, et la video c’est la vapeur. Ils ont tout les deux les mêmes propriétés pourtant sont indéniablement unique dans leur mouvement dans l’espace.

J’aime faire des films car je suis constamment mis au défi créativement. Que ce soit avant le film, pendant que je filme ou après lors du montage. Je suis constamment en train de me poser la question, ou est l’histoire, ou est l’histoire, ou est l’histoire? 

C’est fantastique car il y a une myriade de manière de raconter une histoire et en même temps c’est difficile car on ne sait jamais si on a réuni tous les éléments nécessaires.

La video c’est 100% préparation et en meme temps 100% improvisation.

This world of mine

A toi Ben, dis-moi quand et pourquoi tu es venu à la photographie ?

Je suis tombé dans la photo un peu par hasard… Je travaillais dans les mines de Nevada comme ingénieur et durant ce temps j’ai eu un beau p’tit breakup avec une jolie demoiselle… Je me suis dit que si je ne me trouvais pas un bon passe-temps, j’allais virer fou. En me demandant ce que j’allais faire j’ai eu l’idée de prendre des photos des étoiles et je me suis pointé au Wal-mart du coin pour m’acheter un Point & Shoot … that was in November 2007. La suite

Tom’s Silver à Yogyakarta

C’est peut-être un coup de tête, mais j’ai décidé d’arrêter les Quoi d’neuf en photo cette semaine… Je trouve que cette rubrique me pompe trop de temps à rédiger et du coup m’en laisse moins pour mes propres travaux. Effectivement, je n’ai pas fini de traiter mes images de mon voyage qui date de bientôt une année en arrière (déjà).

Dès lors, je vous propose un truc : je me tiens toujours au courant de ce qui se passe en photo et dorénavant je vais le publier systématiquement sur twitter. C’est simple, suivez mon fil @regismatthey dès ce soir pour des actus intéressantes.

Pour revenir à mes propres images, j’ai un défaut qui ne m’aide pas : je ne suis jamais, c’est à dire dans 95% des cas, satisfait de mon traitement et du coup je n’arrive pas m’arrêter à une version finale.
Néanmoins il faut bien mettre un point final un jour, et aujourd’hui je vous propose de visiter l’atelier de Tom.

Tom’s Silver à Yogyakarta

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