Dilemme UGA : Nikkor 16-35mm f/4 ou 14-24 f/2.8 ? [résolu]

En achetant mon premier appareil photo plein format il y a une année, le fameux Nikon D600, j’ai fait le choix de renoncer au zoom du kit et de m’offrir à la place une focale fixe polyvalente, le Nikon 85mm f/1.8 et un objectif Ultra Grand Angle (UGA), le Nikon 16-35mm f/4 VRII.

Si le 85mm me donne entièrement satisfaction, je m’interroge cependant si mon choix fut judicieux concernant le grand angle quand celui-ci a pour concurrence une optique qui a fait la renommée de Nikon en la personne du Nikkor 14-24mm f/2.8 (ok, c’est pas une personne mais c’est une jolie tournure de phrase).

Ainsi, avec un an d’expérience avec le 16-35mm dans les pattes, j’ai envie de faire le bilan sur son emploi et le confronter à son grand frère en cernant quelles images ont été favorisées par l’emploi du 16-35 et quelles ont été au contraire ses limitations. J’ai également parcouru quelques forums afin de recueillir l’avis de personnes dans le même dilemme que moi.

Présentation des deux bébés

A ma gauche je présente le Nikkor 16-35mm, présent sur le circuit professionnel depuis 2010, il affiche un poids de 677.9g sur la balance. Pas très rapide avec un diaphragme max à f/4.0, il compense par une stabilité à toute épreuve grâce à sa réduction de vibrations de deuxième génération et une versatilité qui lui permet de s’adapter à la plupart des situations requérant un angle large de vision. Face à lui, son grand frère le Nikkor 14-24mm. Gros bébé courtaud à la tête bombée, c’est un poids lourds de 1.00kg mais très rapide (f/2.8). Découvert en 2007, il a depuis séduit son milieu et fait tremblé la concurrence en se distinguant pour sa qualité optique ex-ce-ptio-nnelle !
Le premier est côté sur le marché en ligne à 1k CHF quand son concurrent se démarque à 1’685 CHF.
Le match de ce soir s’annonce féroce, je vous demande un tonnerre d’applaudissement dans ce combat sans merci !!

Fiche technique

Nikon 16-35vs14-24

16mm vs 14mm

Sur papier, que 2mm séparent les deux objectifs, mais quand on a tâté des Ultra Grand Angle, on a tendance à vouloir un champs toujours plus large, pour englober encore un peu plus la scène dans le viseur. Et c’est vrai, gagner 7° dans le viseur change la donne de manière subséquente. La preuve en deux arguments :
Sur 5645 photos répertoriées au 16-35, 1449 ont été prises à 16mm (938 images à 35mm et 616 à 22mm). Je gage qu’avec un 14mm, j’aurais à nouveau utilisé le champs le plus large possible. (c’est un peu le propre des zooms, on a tendance à utiliser les extrêmes)
Le deuxième argument m’est venu alors que je photographiais à l’intérieur d’une cavité en Norvège. On avait passé l’après-midi à escalader la cascade de glace du lieu et une fois les bras épuisés, j’ai voulu photographier le paysage environnant depuis le fond de la petite grotte pour englober la cascade et l’île de Sommaroy en toile de fond. Pour cela je me suis reculé le plus que je pouvais, mais même ainsi, le cul contre la falaise gelée et la nuque douloureusement reculée, j’arrivais tout juste cadrer les glaçons présent dans le coin supérieur de l’image. Ici 7° de plus aurait fait toute la différence…

2013.02.06_Sommarøy_144.jpgau fond de la grotte @16mm

35mm vs 24mm

A l’inverse, le 35mm est une focale de reportage standard tandis que 24mm reste large selon les applications. Statistiquement 35mm fut la deuxième focale la plus utilisée (17% des images) mais surprise ! à 22 et à 25mm, j’ai quand même réalisé respectivement 11 et 9% de mes images…
Les utilisateurs bridés à 24mm le disent, cette optique ne sert qu’à l’emploi spécifique d’un cadrage grand angle tandis que le 16-35mm permet une certaine polyvalence. C’est d’ailleurs ce qui m’a séduit sur cette optique et ce qui a été démontré ici, me permettant de combler 75% de mes besoins annuel avec que deux objectifs (5645 images au 16-35, 5861 photos au 85mm). Les 25% restant ont été réalisés sur emprunt de matériel pour des mariages ou des concerts.

Skating the Light@35mm

Mais ça c’était avant que je devienne exigeant et capricieux ahaha. Même que dans un monde idéal, j’aurais un 70-200mm f/2.8 ET f/4, un 35mm f/1.4 et le nouveau 50mm f/1.4 (mais c’est de la masturbation photographique)

f/4 vs f/2.8

Entre ces deux valeurs, un stop les séparent. Oui, je vous entends dire « il suffit de doubler les ISO ou le temps de pose ». Alors oui, cette affirmation est vraie dans les cas les plus communs, mais je ne me contente pas des cas communs. Oooh le prétentieux..
C’est vrai, que ce soit en concert ou à la chasse aux aurores boréales, j’aurais besoin de ce stop de différence : garder un temps de pose suffisamment court pour figer le mouvement ou passer de 3200iso à 1600 est un gain non négligeable pour mon application spécifique.

BlurBlur à Paléo : iso 2000 16mm f/4.0 1/200

La stabilisation

Quelle est l’utilité de la stabilisation sur un Ultra Grand Angle ? Si le désir du photographe est de figer le mouvement, le temps d’obturation sera de toute façon plus court que celle critique pour s’éviter un flou de bouger. Mais vous savez qu’on ne vit pas dans un monde ultra net. Plus sérieusement, le stabilisation reste utile pour photographier une scène en basse lumière ou profiter d’une exposition plus longue pour obtenir des filés. La photo ci-dessous a été obtenue à main levée grâce au double usage de l’anti-vibration et d’une ficelle (o.4sec).

2013.09.29_London_096.jpg22mm f/6.3 0.4sec et stabilisation

Le poids

Ok le 14-24 donne une impression de robustesse mais 1.00kg c’est lourd. Fichtrement lourd. Si vous avez à vous trimballer cet objectif à bout de bras une journée entière ou l’ajouter à votre sac de randonnée, réfléchissez à deux fois ou assumez la tendinite de poignet. 30% plus léger, le 16-35 assure un bon équilibre sur le boitier.

L’usage de filtres

L’optique bombée du 14-24mm ne permet pas l’usage de filtre circulaire alors qu’une taille standard de 77m recouvre la tête du petit frère. En parcourant l’avis de photographes de paysages sur la toile, certains ont fait le pas de switcher du 14-24mm au 16-35 tandis que d’autres s’accommodent de filtre Lee (ou plus nocif pour la santé, sans filtre). L’emploi de filtre Lee est certainement la solution la plus professionnelle et la plus durable mais également la plus coûteuse à l’investissement, et plus délicate à l’emploi.

2012-08-22_causeway-coastal-route_041-2iso 400 11mm f/9.0 30sec filtre ND

Le prix

Au jour d’aujourd’hui, le 14-24 est 60% plus cher que son comparse. Pour 600.- vous prenez un billet pour l’autre bout de l’Europe et ramenez des superbes images hors du commun que vous auriez tout de même souhaité prendre avec du matos plus pro ! Bande d’éternels insatisfaits.

Le piqué, la distorsion et les aberrations chromatiques

Honnêtement, on s’en fout… Ces objectifs haut de gamme savent de toute façon répondre au standard de qualité requis et les quelques pétouilles de défaut sont soit imperceptibles pour qui ne photographie pas des mires ou facilement corrigibles en post-traitement.

Sigur RosSigur Ros

Bilan

Alors que choisir entre ces deux montures de choix ? Mes lectures sur le 14-24mm sont unanimes : c’est un objectif exceptionnel qui ravit tous ses possesseurs ! A tel point que certains Canonistes jaunissent à sa vue et vont jusqu’à l’utiliser sur leur 5DMkIII via une bague d’adaptation. Ses uniques inconvénients sont son poids, son prix et sa lentille bombée. Si quelques rares usagers ont sont venu à le troquer pour un 16-35mm, ce dernier est surtout d’un usage plus versatile, plus abordable et qui séduit généralement le photographe mainstream standard conventionnel, bref je ne trouve pas de terme qui ne sonne pas péjoratif car cet objectif est évidemment à même de délivrer des photos exceptionnelles dans beaucoup (plus) de situations. En gros, il n’y a pas de mauvais choix mais juste quelques photos que vous ne pourrez pas faire ou quelques contraintes intrinsèques à l’emploi de tels objets élitistes.
Béni soient les possesseurs du Canon 17-35mm f/2.8. Même s’ils jalousent tout de même les performances du 14-24 Nikon, ils se posent peut-être moins de question (quoiqu’on est tous les même).

MA solution et mon choix inattendu

Que faire alors ?
Selon mon usage personnel, je me rends compte qu’aucun des deux objectifs n’est à même de répondre à l’intégralité de mes critères de sélection hyper-précis et rigoureux : j’aime le 16-35mm pour son poids, son usage de filtres standards et son prix mais dans certains cas j’aurais besoin d’un angle encore plus grand et qui ouvre un tantinet plus à la fois. Cependant j’ai trouvé la solution, mesdames et messieurs ! Pour un prix inférieur et le poids d’un 14-24mm, je couvre tous les avantages précités et qui vont faire mon bonheur au Canada où je pourrais photographier les aurores boréales la nuit et utiliser mes filtres pola et ND en journée !
Comment ? me direz-vous..
Hé bien en achetant, en complément à mon 16-35mm, le Samyang 14mm f/2.8 !
Cet objectif tout manuel du fabricant sud-coréen allie la qualité optique des meilleurs Nikon pour un prix et un poids défiant toute concurrence ! Une fois calé à f/2.8 en hyperfocale, j’aurais alors tout loisir de faire de la photo d’astronomie ou de concerts tout en gardant le 16-35mm pour les usages plus généraux, pas mal non ?!

Bien sûr, cette solution reste à être encore éprouvée sur le terrain, mais vous, que pensez-vous de cette idée et qu’auriez-vous choisi à ma place ?

La Photo de la semaine : Londres (part 2)

 

Ci-dessous voici ma photo préférée de mon séjour à Londres (avec probablement  la dernière de la galerie, la vue de nuit sur Londres depuis le 72ème étage du Shard). Une scène de vie sur Oxford Circus, assez banale en somme mais qui représente mon impression de mon premier séjour dans la capitale anglaise : une ville en effervescence mais qui colle au cliché anglo-saxons que je me représentais. Des bus rouges à deux étages côtoient des taxis vintages dans les  rues victoriennes d’une époque encore plus reculée, un mélange de chevalerie à la Monty Pyton et de modernisme contemporain saupoudré du délicieux accent british. Même si je n’ai pas réussi à faire un high five à la reine ni assister à un concert des Beatles (sold out, qu’on m’a dit), prendre le tube et arpenter les streets of London City fut totally amazing !

An afternoon in Oxford Circus

 

Et vous, quelle est votre photo préférée ?

Où et comment photographier les aurores boréales ?

2013.02.07_Aurore III_090.jpg

Dans le billet précédent, je vous ai raconté ma palpitante chasse aux aurores boréales en Norvège. Et comme j’y retourne cet hiver, cette fois au Canada, j’en profite pour partager avec vous ce que j’ai appris.

Quand y aller ?

Tout d’abord, quelle est la meilleure période pour voir des aurores ? En terme de cycle solaire, l’année 2013 est l’année culminante d’un cycle de 11 ans, donc il reste joliment cet hiver et le prochain pour maximiser vos chances de succès avant de devoir attendre une dizaine d’année. La suite

Pourquoi j’ai adoré le Gulf Photo Plus à Londres

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Le week-end passé j’ai eu l’immense chance de me rendre à Londres pour le Gulf Photo Plus. Mais qu’est-ce que le Gulf Photo Plus, plus communément appelé GPP ? C’est une manifestation originellement tenue à Dubaï réunissant les plus fameux photographes au monde réputés pour leur implication à transmettre leurs connaissances à travers les médias internet, du contenu éducatif et des workshops.

Attention, si cet article non sponsorisé (ahahah si seulement) risque de mentionner une flopée de marques commerciales, ce n’est aucunement de la publicité (ou indirectement). Prenez ça plutôt comme un échange de références impliquées dans la Photographie et qui la font progresser et la rendent abordable (et qui personnellement m’ont influencés d’une manière ou d’une autre).

Le GPP

La manifestation s’est déroulée donc sur deux jours avec quatre intervenants de prestiges donnant chacun 3h de conférence. Certains disaient que 450$ était cher payé, mais avoir la chance de côtoyer ces photographes pendant 12h au total, apprendre avec les meilleurs, s’inspirer de leurs qualités et de leur approche ainsi que de bénéficier de petites attentions, comme imprimer 50 cartes de visites Moo, gagner quelques prix et revenir avec des goodies justifient à mon sens largement le prix.

2013-10-03 21.59.06.jpg

Les conférences

La première intervention fut celle de Joe McNally. Joe est un photographe et reporter parmi les plus connus et reconnus de son genre, grâce à son implication à transmettre son savoir, via des bouquins comme Le moment du déclic, ses vidéos didactiques sur Adorama TV et son blog. Si son nom ne vous dit rien, vous avez probablement déjà vu ses images dans le National Geographic Magazine (25 ans d’expérience le monsieur) ou entendu parler de son exposition Faces of Ground Zero — Portraits of the Heroes of September 11th. Bref, une légende.
Il a commencé par une retrospective sur son année écoulée et les photosles  importantes à ses yeux avant de nous parler de sa démarche de photographe. Le mec est monté au sommet du Burj Khalifa à Dubaï dans le cadre d’un reportage. Une fois arrivé au sommet à 830m du sol, il a pris une photo de ses pieds et du vide en-dessous avec son téléphone futé, la seule chose qui n’était pas attachée à la tour, pour la poster sur twitter. Du temps qu’il arrive en-bas, c’était déjà probablement la photo la plus vue de son immense carrière de photographe. D’un côté très frustrant pour lui (un bête snapshot de ses pieds), de l’autre le mec sait très bien saisir les opportunités qu’offrent les nouveaux médias et le micro-blogging de nos jours.
De sa démonstration technique qui en a suivi, je retiendrai l’usage du TTL que je n’ai jamais vraiment essayé, la possibilité du mode esclave des flashs et l’envie d’expérimenter encore plus, de nouvelles situations, de nouveaux défis et qui sait, de nouveaux succès.

2013.09.28_London_009.jpgJoe McNally en pleine démonstration de ses flashs

L’après-midi, on a eu droit à David Hobby. The Strobist himslef. C’est-à-dire que c’est lui qui est à l’origine du mouvement Strobist, ou l’utilisation de flash cobra en mode déporté (hors de l’appareil) pour couvrir des reportages in situ en construisant son environnement de lumières peu importe les contraintes du lieu. Il l’a popularisé grâce à son fameux guide Lighting 101 et reste toujours la référence N°1 du domaine. Une légende, je vous dis.
Alors je fus quelque peu désappointé lorsqu’il a dit qu’il n’aborderait pas la technique. A l’inverse, il a décidé de se mettre à nu, métaphoriquement, il a précisé, sur qui il est en tant que photographe, et qui il est d’autre que juste un photographe. Voici quelle était la ligne directrice de sa conférence :

  1. Know yourself ;
  2. Build ecosystem ;
  3. Create space ;

Ce fut donc une approche nouvelle pour lui d’aborder ces thèmes, plus fondé sur la construction de sa carrière et/ou sa passion et il a eu l’audace de dévoiler sa pensée et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour de nombreux photographes qui veulent créer une niche dans leur passion.

2013.09.29_London_054.jpgZach Arias qui bidouille un un objectif FF sur son µ4/3 pour faire du tilt-shift

Le dimanche, c’est un Zach Arias avec la gueule de bois qui a eu le droit d’ouvrir le bal. Effectivement la veille, la fine équipe a eu le droit de faire la fermeture du bar avec la moitié des photographes présents au GPP. Votre serviteur n’y était malheureusement pas  car il en profitait de voir un vieil ami londonien. Surnommé Mr One Light pour son application à toujours trouver une solution d’éclairage avec un seul flash, Zach donnait un cours nommé Hacking Stuff et a passé la matinée à démontrer qu’on peut obtenir des résultats incroyables avec un peu d’imagination et du matériel récupéré ici et là.
La première démonstration qui a beaucoup fait rire l’assemblée mais un peu moins sa femme, fut l’emploi des draps conjugaux « emprunté » à leur hôtel pour diffuser la lumière. Ensuite il nous a montré la création d’une softbox avec un carton trouvé dans une poubelle et du papier d’alu,  l’emploi d’un sac en plastique pour le même emploi et les résultats artisitques que peuvent amener le bricolage d’un objectif tilt-shift ou à décentrement.
Le plus drôle fut lorsque quelques membres du public eurent une crise cardiaque alors qu’il nettoya son appareil photo hybride en soufflant dedans et en le nettoyant avec son t-shirt. Pour lui, ça reste que du matos qui délivre un résultat que lui créé, et se connaissant, il va de toute façon pas réussir à en prendre soin ahahah.

2013.09.29_London_078.jpgGregory Heisler en pleine démo des possibilités d’une simple stripbox

Dernier conférencier, celui que je connaissais le moins alors que c’est peut-être encore le plus réputé des 3 autres : Gregory Heisler. Le mec détient le record de couvertures du Time magazine avec bien entendu quelques présidents ou prix nobels dans le lot. Excusez du peu.
Heisler a passé la majorité du temps à parler de son incroyable carrière en tant que photographe, depuis les prémices où jeune adulte il a forcé les portes malgré les rebuffades successives (qu’il a pris comme des encouragements) jusqu’à son ascension actuelle. Doté d’un délicieux humour et merveilleux conteur, il nous a raconté pleins d’anecdotes sur George W. Bush, comme la fois où, peu concentré sur le shooting, celui-ci dit à Greg : « Sorry, I’ve a lot in my mind » et le photographe qui hésite à sarcastiquement lui répliquer « Yes, you better have.. ». Quelque temps après, il fut banni de la Maison Blanche pour avoir exposé les doubles facettes du Président Bush en une du Time.
Gregory Heisler a prévu de sortir ces prochains mois un livre de portraits et c’est définitivement un maître en son domaine.

Pour mon compte, la manifestation fut une belle découverte qui m’a apporté peut-être moins de ressources techniques que le programme le laissait croire mais fut une réelle source inspirationnelle, que ce soit au niveau créativité ou au niveau possibilités et perspectives. La technique peut s’apprendre n’importe quand n’importe où, alors que le fondement et la démarche d’un photographe se trouve ailleurs. Bref, on verra. Le défi restant toujours de mettre en application ces nouvelles ressources avant que le soufflé retombe, n’est-ce pas ?

Surprise

2013.09.30_London_395.jpgVue du sommet du Shard au 85mm

Le lundi en fin de journée alors qu’on faisait la file pour monter au Shard, le plus haut building de Londres et accessoirement d’Europe, on a aperçu David Hobby et Mohammed, l’organisateur du GPP derrière nous. Une fois au sommet, je m’approche d’eux avec le porte-clé-appareil-photo et leurs lance « Hey guys, can I take your picture ? » avec un immense smile. Approche réussie. Un peu plus tard, je me suis assis à côté de David qui prenait des images avec son µ4/3. Moi qui était parti à Londres sans trépied dans le but de mettre sérieusement en pratique mes techniques de stabilisation low-cost, j’avais acheté un paquet de riz soufflé en bas de la tour afin de le transformer en bean bag. Alors premièrement l’astuce marche super-bien et ça a permis d’alimenter notre échange (au sens figuré, bien que ça aurait été énorme de bouffer des rice krispies avec The Strobist). Toujours abordable, il m’a demandé ce que j’avais pensé de l’event, m’a raconté la suite pour lui (un projet mondial éducatif avec des enfants) et ce fut vraiment un moment chouette à partager qui fait beaucoup de jaloux chez Strobi.fr.

2013-09-30 18.43.18.jpgMoi photographiant David Hobby photographiant mon appareil photo sur son rice krispies bag au sommet du Shard

L’image de la semaine : Londres

2013.09.29_London_129

Une petite image pour vous signifier que je suis à Londre jusqu’à demain. J’ai assisté au Gulf Photo Plus, 2 jours de conférences avec Joe McNally, David Hobby, Zach Arias et Gregory Heisler. Si vous ne connaissez pas ces gars, faites une rapide recherche google. Ce sont des photographes talentueux avec une matière grise en ébullition et qui aiment partager leur savoir Un plus grand billet sera consacré à l’event ces jours prochains.

Pour la photo en elle-même, je sais que c’est un classique, c’est une des premières images qui ressort en tapant London sur 500px, mais pourquoi refuser une photo sous prétexte qu’elle a déjà été vue et revue ? On va pas refuser de manger des fish & chips sous prétexte que c’est typique ? Justement, une telle image fera toujours son petit effet auprès du public et surtout vous serez content d’avoir ramené, certe un cliché, mais une image forte. En Australie je m’étais refusé de prendre une vue banale d’Uluru (Ayers RocK), mais aujourd’hui je regrette quelque peu de ne pas avoir une image iconique de mon séjour.

Au niveau de la prise de vue : 31mm, 0.5s, f/6.3, 320 iso. Et l’accessoire le plus utile du voyage : la ficelle de stabilisation ahaha

En Norvège à la recherche des aurores boréales

2013.02.08_Tromso_045

S’il y a un spectacle naturel à voir de ce monde, c’est sûrement de contempler le spectacle mouvant et émouvant des aurores boréales.
Je ne sais pas de quand remonte mon rêve de partir dans le grand nord à la recherche de ce spectacle céleste. Peut-être à la lecture de Jack London ou d’autres récits se déroulant entre la Sibérie et l’Alaska.

Alors quand mon ami Aaron m’a dit : je pars en Norvège en février prochain, tu veux venir ? Je me suis dit que je devais saisir l’occasion.
Il faut savoir que les aurores boréales sont liées à l’activité solaire : les particules chargées du vent solaire heurtent la haute atmosphère lors d’orages magnétiques provoqués par le soleil. Les particules électrisées sont canalisées aux pôles magnétiques et ionisent les atomes de la haute atmosphère en émettant un photon.
Et surtout, surtout nous sommes présentement au point culminant du cycle où les aurores sont les plus fréquentes et intenses, sans quoi il faudra attendre le prochain pic d’activation solaire dans 11 ans.

Pour quelques raisons financières, la décision ne fut pas facile à prendre, mais quand tu as une occasion pareille, il ne faut pas la laisser passer. D’autant plus qu’Aaron, mon ami canadien que j’avais déjà retrouvé en Irlande l’été passé, a du sang scandinave.

Localisation

Comble du bonheur, une cousine éloignée d’Aaron, Tone, habite Tromsø. Tromsø est une petite ville au-delà du Cercle Polaire, un des meilleurs coins du globe pour voir (facilement) les aurores et le portail de nombreuses expéditions polaires. Il faut se rendre compte que la Norvège est immense : Zürich-Oslo est distant de 1500km quand Tromsø se trouve à encore 1100km plus au Nord, ou 1500km de voiture. Pour un pays de 5mio d’habitants, on peut se dire qu’ils ne se marchent pas dessus.

Préparatifs et matériel photo

Aaron venant d’Irlande, on avait prévu de se retrouver le vendredi soir à Oslo puis de partir le lendemain matin pour Tromsø où on séjournera jusqu’au vendredi suivant avant de passer le week-end chez son autre cousine de retour à Oslo.

En m’y prenant deux semaines en avance (je vous avais dit que la décision avait été longue), j’ai payé mes billets 245€ avec la compagnie Norwegian.

Une bonne chose avec le nord de la Norvège, c’est que son climat n’est pas si rude que ça : grâce au gulfstream, il fait une moyenne de -6°C en hivers bien que les nuits peuvent descendre à -15°C. Bon ça c’était sans me méfier de l’impact du vent.
J’ai donc pris des vêtements techniques, une polaire, un pantalon de ski de fond (pas de ski nordique, trop ample), une veste d’hivers, ma fameuse chapka fourrée de poil de lapin, mes chaussures militaires (au moins qu’elles servent à quelque chose, vu que je ne fais pas l’armée), des chaussettes de ski, des gants et des sous-gants. Très important, les sous-gants pour pouvoir manier l’appareil photo.

2013.02.04_Sommarøy_017

Au niveau photo :

  • Nikon D600
  • Nikkor 16-35mm f/4 (le 14-24mm f/2.8 aurait été un must)
  • Nikkor 85mm f/1.8
  • Télécommande filaire
  • Trépied Manfrotto XXX
  • Flash Sb-700
  • 4 Cactus Trigger V5
  • une lampe torche Led Lenser
  • 2-3 bidules pour faire du lightpainting
  • on m’a aussi prêté un 70-200mm

L’indispensable ici est d’avoir un grand angle et un bon trépied.

De plus, dans notre monde électronique, vous pouvez télécharger pour votre téléphone futé l’application Aurora forecast  qui indique en temps plus ou moins réel la météo spatiale, la carte géographique des aurores et le graphique de l’activité solaire avec même des alertes dans sa version payante.

Aurora forecast

Aurora forecast

Le voyage et premier ressenti

Prendre l’avion est devenu d’une facilité déconcertante, à chaque fois il m’a fallu moins de 20minutes pour déposer mes bagages et passer la sécurité. Même qu’on ne m’a pas demandé mon passeport une seule fois. Sérieusement, c’est plus simple et rapide de prendre l’avion que d’entrer en boîte un vendredi soir.
Bref, arrivée à Oslo à 19h, nuit noire et un mal de tête épouvantable. Je ne sais pas si c’est à cause du film Django dans l’avion, mais je m’affale misérablement dans la piaule à proximité de l’aéroport dans l’attente d’Aaron. Je suis content de le voir, il a des comprimés.
Le lendemain, debout à 6h dans une bien meilleure forme pour le vol Oslo-Tromsø. Pour cause de billet moins cher, je ne suis pas dans le même avion qu’Aaron mais ceux-ci décollent à 15min d’intervalle. Depuis le ciel, la vue est magnifique une fois que le soleil se pointe. Ben oui, il fait jour assez tôt, vers 9h, et la lumière est ma-gni-fique, splendide, magnifiante, tout baigne dans une douce lumière rose-dorée. De quoi oublier que le wifi est disponible gratuitement mais que le café soluble se négocie à 5€.
Tone, la cousine, et son copain Hokan nous accueillent à l’aéroport. Les bagages récupérés, on embarque dans leur Skoda.

La petite île de Sommarøy

2013.02.04_Sommarøy_054Une vue de Sommaroy depuis la colline

En fait, ils n’habitent pas à Tromsø-même, mais sur la petite île de Sommarøy, 240 habitants pour être précis. Distant de 50km, on circule le long des fjords, la neige recouvrant tout le paysage de son blanc manteau, le tout baigné dans cette magnifique lumière qu’on appelle « Golden Hour » en photographie.
Le couple habite une petite maison avec superbe vue sur la plage (bon, on se risquera pas à la baignade), quand de l’autre côté une montagne en forme de toblerone pointe dans la mer. Un coin magique malgré la température négative et un vent sans fin.

2013.02.07_Sommarøy_002Le caillou le plus pittoresque du coin

Les premiers jours

Le premier soir on laisse passer notre chance de voir des aurores pour faire la tournée des bars de Tromsø. Malgré les prix prohibitifs, on fera la fermeture, c’est-à-dire 3h. Les Norvégiennes sont plutôt sympa mais ne répondent pas au cliché que je me faisais des belles blondes Scandinaves. Il faudra attendre Oslo pour cela. Le dimanche, on part visiter le Ersfjord, splendide ! Mais le soir venu, c’est la déception : le ciel s’est totalement couvert en l’espace de quelques heures. Cette nuit je rêva d’un retour en larmes à l’aéroport de Zurich sans avoir exaucé mon rêve…

2013.02.03_Norway_051Le fameux Ersfjordbotn, qui peut être un bon spot pour les aurores

L’attente des aurores

Le jour suivant, on part explorer l’île avec Aaron et on monte jusqu’à l’observatoire situé sur le haut de l’île, une relique de la guerre froide il parait. L’ascension le long d’une sente enneigée et glissante est rude, et parvenu au sommet le vent est ébouriffant, même couvert.

Au sommet de l'observatoireAu sommet de l’observatoire

Lundi, le ciel est clair, magnifique !
On sort finalement vers 23h en direction d’une petite crique repérée le long de la route. Le vent souffle et accentue le froid nocturne. Une vague lueur verte s’étend sur l’horizon, à peine perceptible à l’oeil nu. On plante les trépieds dans le sable et la pause longue combinée à la haute sensibilité du capteur révèle bel et bien la présence d’une timide aurore boréale. C’est l’excitation, je suis témoin du phénomène naturel le plus magique à mes yeux ! Cette nuit, l’activité restera calme, c’est-à-dire un faible éclat et pas de mouvement mais quelques clichés rigolos.

2013.02.05_Aurora_030-2

Le mardi, parcours en ville de Tromsø et visite du musée consacré au Spitzberg et aux expéditions polaires. Saviez-vous qu’un piège à base de viande de morse et d’un fusil relié à une ficelle a été interdit pour chasser l’ours polaire, car trop efficace ? On y apprendra également tout sur la folie de la chasse aux bébés phoques et les différents aventuriers morts dans leur conquête du Pôle.
Ce soir, l’activité est plus intense : une aurore transperce la colline de Somaroy, l’observatoire semblant cracher un nuage vert contre les étoiles.

2013.02.06_Aurore_074

Hokan travaille sur une plateforme pétrolière en tant que cascadeur-manutentionnaire (ndlr: traduction non-officielle). Ca veut dire qu’il bosse suspendu entre mer et ciel toute la journée pendant 2 semaines à serrer des écrous et qu’ensuite il a droit à 4 semaines de repos en compensation (et un salaire à faire pâlir un ingénieur suisse). Alors après une balade matinale, on part faire de la grimpe sur glace parce qu’en tant que descendant de Viking, Hokan n’arrive pas rester trop longtemps sur le plancher des rennes. L’avantage est qu’il possède tout le matos et qu’il connait une jolie petite cascade pas loin qui ne sert qu’à son bon loisir ! Merveilleux, après une demi-heure de pataugeage dans la poudreuse, on arrive au pied de 15 mètres de crystal. Après un début hésitant, et beaucoup d’énergie dépensée à planter crampons et piolets, je chope le rythme jusqu’à me faire l’ascension 3 fois de suite !
Les sensations sont différentes de la varappes, engoncé sous de multiples couches, relié à des extrémités tranchantes et façe à une paroie pouvant voler en éclat à chaque assaut des lames, la confiance ne vient pas immédiatement. A chaque attaque, tu te demandes si tes amorces tiennes ou si tu ne vas pas dégringoler dans un fracas de verre brisé. Mais une fois les éléments apprivoisés, quel fun ! Le sport d’hivers le plus cool de la saison !

2013.02.06_Sommarøy_115

Le soir venu, Aaron n’a pas l’air très motivé à retourner à la chasse aux aurores. Alors je sors seul.
Lorsque je m’éloigne du halo de l’éclairage urbain, je découvre une lueur verte comme il n’en était pas apparu les soirs précédents ! Excité, j’appelle mon comparse pour qu’il sorte, mais celui-ci reste flegmatique. Que cela ne tienne, je cherche à la hâte une composition, déclenche, me rends compte que mes réglages habituels surexposent l’aurore, réitère. Malheureusement la compo était vraiment pauvre et la mise au point mal effectuée. Je cours ensuite le kilomètre qui me sépare du pont reliant l’ile au continent et le traverse pour tenter ma chance plus loin. Rien de convainquant non plus, alors je rebrousse chemin une heure après alors que le phénomène a faibli.
Je retourne sur un spot de la veille et met à exécution une idée qui me trottait en tête depuis des lustres : déclencher un flash vert dans un parapluie blanc pour faire écho au phénomène céleste. Cette image finira Editor’s choice sur 500px.

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Mais la nuit n’était pas finie car en changeant une nouvelle fois de lieu, le ciel se mis à luire d’un vert fantomatique, éclairant tout le paysage de vert. Imaginez une trainée lumineuse commençant au Nord, derrière quelques crêtes effilées, passant au-dessus de votre tête pour s’en finir dans votre dos. Tel un reptile, l’aurore commença à onduler au rythme secret du bal cosmique. Parfois, une étiole se détachait pour mener sa propre danse et moi, seul au monde, m’agitais d’excitation en essayer de capter un maximum du spectacle sur mon appareil photo, devant entre chaque pose tourner le trépied dans une autre direction en ne pouvant réfréner mon émerveillement.
Le bal dura plus d’une heure où je m’essaya à mes techniques préférées entre Strobism et lightpainting. Pas toujours avec le succès escompté mais toujours avec la même délectation.

Le lendemain au petit-déjeuner, Aaron regarde l’application Aurora forecast ayant enregistré toute l’activité solaire de la nuit et me fais : Hey, ça devait être intense hier soir ! T’as eu le pic à 8/10 à 1h39 ?
– Ouais, c’était vraiment incroyable, je ne savais pas où donner de la tête ! – Tout en parcourant l’heure de prise des photos.

Cependant, ma dernière image indique 01:31:28…

2013.02.07_Aurore III_122La plus belle aurore boréale du voyage

Qu’à cela ne tienne, j’ai vécu un voyage extraordinaire en marge du Cercle Polaire et estime avoir fait le maximum dans le laps de temps imparti et avec les conditions sur place. Il parait que la semaine d’après, ils ont été témoin des plus belles et puissantes aurores de la saison. Mais ce n’est pas un phénomène aussi prévisible que la météo et il faut s’en accommoder et vivre avec même quand les éléments ne sont pas en notre faveur, n’est-ce pas ?

Ah oui ! Cet hiver je pars à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest au Canada pour une nouvelle quête aux aurores !

8 astuces pour stabiliser votre appareil photo sans trépied

200mm f/2.8 1/40sec / Astuce N°6200mm f/2.8 1/40sec / Astuce N°4

Vous êtes parti en excursion photographique, sauf que la nuit commence à tomber et vous vous dites « Diantre, me voilà fort mari d’avoir laissé mon compagnon à trois chausses à la chaumière »
Pas de panique, voila quelques pistes qui vous éviteront de pester contre des photos floues non assumées :

Quelques mises en garde pour débuter :

Si ces astuces vont vous permettrent de stabiliser le boitier (flou de bougé), elles seront en revanche incapable de figer les objets mobiles sur l’image (flou de mouvement). Généralement, je conseille de relever le miroir lorsque votre boitier est immobilisé et d’utiliser une télécommande pour le déclenchement.

1. Enclencher la stabilisation de l’objectif

pic_001.jpg

Ok, on commence doucement, mais la stabilisation de l’objectif, nommée VR chez Nikon (pour Vibration Reduction) et IS chez Canon (pour Image Stabilizer) vous permettra de gagner déjà jusqu’à 4 voire 5 vitesses. Cela veut dire que si, sans stabilisation vous n’obtenez pas d’image nette en-dessous de 1/200s (la règle de 1 sur la focale), la stab vous permettra de descendre jusqu’à 1/13s. Attention, quand vous utilisez un trépied, il est conseillé de désactiver la stabilisation.

2. Le beanbag

Le beanbag est un sac rempli de haricot sec bio dans sa version d’origine, ou de bille de polystyrène dans sa version allégée. Il est possible de le confectionner vous-même ou d’en acheter un Made in China. Le principe est de simplement caler le boitier sur ce sac qui épousera la forme de l’appareil photo et le maintiendra stable.

3. Le ricebag

2013.09.15_rice bage_060

Cette solution DIY est celle qui m’a le plus souvent sauvé la prise (de vue) alors que je prenais des photos en ville. Rendez-vous dans l’épicerie ou la station-service la plus proche et achetez un paquet de riz. D’habitude j’abhorre les vendeurs qui refilent des sacs plastiques à tout bout de champs mais là il devient indispensable :
Videz le riz dans le sachet, faites un noeud et Voilà ! – un beanbag du pauvre qui pourra même se reconvertir en curry thai.

4. La ficelle de stabilisation

Où quand votre reportage tient sur bout de ficelle : faites une boucle ou placez une bille à l’extrémité de 2m de cordelette. Marchez dessus, enroulez l’autre bout autour de la main qui tient l’appareil photo et maintenez le fil sous tension à hauteur de visée. Vous avez vu l’image d’illustration de l’article ? C’est pas très confortable mais c’est statique.

Pour les besoins du test, j’ai utilisé un 200mm et pris à chaque fois 2 photos en commençant à 1/200s jusqu’à 1/10s. J’ai obtenu les 2 images nettes jusqu’à 1/40s, soit aussi bien qu’en enclenchant la stabilisation de l’objectif.
En combinant ficelle et mode VR, j’ai des images nettes jusqu’au 1/4 de secondes !

ISO900 200mm f/2.8 1/40sec ficelle de stabilisation / ISO900 200mm f/2.8 1/40sec / crop 1:1

2013.09.14_stabi_076cliquez pour la version HD / ficelle de stabilisation + stabilisation de l’objectif / ISO100 200mm f/2.8 1/4sec

5. La pince magique

A l’origine, cet ustensile sert à fixer un flash mais comme la vis est de taille normalisée, il peut vous sauver la mise, comme pour fixer votre boitier sur une rambarde. Je répète, ce n’est pas conçu pour supporter de lourde charge alors prudence.

6. En mode sniper

J’ai rencontré dans un parc national australien un photographe qui a rencontré un autre photographe.. Ok, ça commence comme une histoire scabreuse, surtout quand vous direz à un ami « j’ai lu sur internet l’histoire d’un photographe qui se baladait dans un parc australien quand il a rencontré un photographe qui a lui-même… »
Bref, c’est cependant une histoire VRAIE !
Ah oui, donc le mec en question était un ancien sniper des forces armées australiennes. Il avait une concentration et une telle maitrise de son souffle qu’il était capable d’obtenir à main levée des photos nettes au 70-200mm avec des poses suffisamment longues pour obtenir des filés de cascades sans trépied !
Pour améliorer votre stabilité, campez-vous bien sur vos deux jambes légèrement écartées, collez le coude qui soutient l’appareil contre l’abdomen, l’objectif calé au creux de votre paume, inspirez profondément et déclenchez en expirant gentiment.

7. Le chambranle de porte, le sol et toute autre surface réputée immobile

Si la méthode précédente ne vous convient pas, alors commencez par vous stabiliser contre n’importe quelle surface inamovible : un mur, un poteau, allongé au sol,… Affermissez votre pose et CLIC

8. Le mode rafale

Combinez une petite rafale aux astuces 4, 6 et 7 et vous obtiendrez plus de chance d’obtenir une photo nette car vous n’aurez plus le mouvement de l’index venant appuyer sur la gâchette. Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir que la 2ème et 5ème images sont nettes

Crop 1:2 1/20s 200mm VR crop 1:2 – 1/20s – @200mm – stabilisation

L’histoire du mec qui n’a rien compris :

J’étais sur un bateau dans les Milford Sounds en Nouvelle-Zélande. Imaginez un fjord noyé dans une bruine persistante, un spectacle dantesque. Sur le ponton, un Coréen avait déployé son trépied pour immortaliser les fameuses et impressionnantes chutes d’eau, l’embarcation tanguant à chaque roulis. Même qu’il l’avait bien calé contre la rambarde pour pas qu’il glisse…

Et vous, comment faites-vous ?

L’image de la semaine : Sylouhette #2

Sylouhette #2

En mangeant ma tartine ce matin midi, je me suis dit que j’avais des millions milliers d’images qui trainent dans mes disques durs, auxquels viennent s’ajouter quotidiennement régulièrement de nouveaux clichés qui n’ont parfois même pas la chance d’être partagés avec la terre entière. Parce que c’est bien pour ça que je fais de la photographie : le partage.

Bref, j’ai décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique hebdomadaire présentant une photographie, nouvelle ou ancienne, en expliquant son contexte et la manière dont elle a été prise.

Pour commencer, voici donc une image qui a été prise la nuit dernière avec mon partenaire de lightpainting Maxime Favre.

  • Le lieu : forêt de Froideville
  • Le matériel photo : Nikon D600 + 16-35mm
  • Les réglages : ISO 800 24mm f/5.0 67sec
  • Le matériel : trépied Manfrotto, Cactus V5 pour déclencher à distance et EL Wire pour les effets lumineux

Les EL Wire sont des fils lumineux souples qui permettent de créer des effets de lumière forts sympathiques. Vous pouvez en commander sur internet selon la recherche idoine puis ensuite votre imagination, la charge des piles et l’astre céleste seront vos seules limites (environ).

Ça vous a plu ? Alors lachez les comm’s et rendez-vous la semaine prochaine !

P.S. : d’autres images de la série sur 500px

Dans la peau d’un photographe.. de concerts (salle vs festival, sur le terrain et clauses spéciales)

Dans l’article précédent, je vous ai expliqué comment se préparer à photographier un concert, avec la demande d’accréditation, le matériel à posséder et quelques bases techniques. Aujourd’hui on part sur le terrain.

Photographier en salle contre photographier en festival La suite

Dans la peau.. d’un photographe de concerts (accréditation, matériel et réglages)

Vous savez que j’aime prendre des photos de nuits. Que ce soit en lightpainting, chasser les aurores boréales, en strobism ou en photographe de soirée, j’aime quand l’astre du jour s’éclipse en faveur de sources de lumières moins conventionnelles. Mais s’il y avait un domaine qui me tardait encore d’essayer, c’était bien la photographie de concerts – quand les musiciens vibrent devant un public en transe et que les spots light baignent la pénombre de la scène.

Cette année, je me suis retrouvé à couvrir les concerts de l’Amalgame, la salle de concert d’Yverdon-les-Bains (où j’officie également au bar pendant mes temps libres), ainsi que certains festivals comme le Bad Bonn de Kilbi ou le Paléo festival de Nyon – plus grand Open Air de Suisse avec ses 230’000 visiteurs et 296 concerts et spectacles sur 6 jours.
Comme vous le verrez, les conditions changent entre les petites salles de 300 personnes et une Grande Scène de plein air.

Vue depuis la Grande Scène du Paléo Festival - Waoh !

Vue depuis la Grande Scène du Paléo Festival – Waoh !

Comment se faire accréditer

Première étape, avoir l’autorisation de photographier des concerts. Pour ma part, en tant que bénévole de l’Amalgame, j’ai naturellement demandé aux organisateurs s’ils avaient besoin d’un photographe pour couvrir certaines soirées, or c’était également un besoin qu’ils avaient. Pour les festivals, je me suis affilié avec le blog Lords of Rock qui m’a envoyé sur divers festivals et qui a mené les démarches d’accréditation.
Pour ces événements, et pour toute manifestation culturelle il est important de faire partie d’un réseau, que ce soit connaitre les organisateurs, faire partie d’un média reconnu (ça peut être un magazine, un média internet ou une agence de presse) ou de directement connaitre les artistes que vous voulez shooter.
Un photographe amateur aura plus de peine à faire valoir une plus value pour le festival s’il ne photographie que pour son bénéfice personnel. Une dernière solution est d’aller au culot, où il m’est déjà arrivé d’entrer en club avec le flash cobra sur le boitier mis en évidence et prétendre appartenir à toolate. 

L'accréditation pour le paléo et le bracelet pour l'accès à la fosse

L’accréditation pour le paléo et le bracelet pour l’accès à la fosse

Le matériel

Maintenant que vous êtes autorisé à venir au concert avec votre matériel, il vous faut savoir quoi amener.
Deux choses essentielles : un reflex et une optique lumineuse.
Ca semble évident, mais un reflex est nécessaire pour garantir une qualité d’image en basse lumière où la sensibilité ISO du boitier sera élevée ainsi qu’assurer la mise au point sur des bougres de musiciens qui ne tiennent pas en place. Aujourd’hui, les boitiers sont capable de délivrer des images propres à 1600 iso easy voire jusqu’à 6400 iso (merci aussi à Lightroom)

Une photo à 6400iso sans réduction de bruit. Pas dégueu hein

Une photo à 6400iso avec le D600 sans réduction de bruit en post-traitement. Pas dégueu’ hein !

L’autre élément qui s’emboite à ce duo de choc est un objectif à grande ouverture, c’est-à-dire une optique lumineuse qui ouvre à f/2.8 ou plus. Cette condition remplie, n’importe quelle focale peut faire l’affaire et rendra un service différent, entre le grand angle pour une photo du groupe entier ou un télézoom pour un gros plan du batteur.

Pour les petits budgets, je vous conseille de partir sur une focale fixe. Un 50mm f/1.8 ne coûte qu’une centaine de franc sur toutes les marques. Bienvenue sur APS-C, je trouve cette focale un peu bâtarde en plein format : les sujets ne sont jamais à la bonne distance pour une image qui déchire.
L’optimal serait pour moi binôme entre un grand angle, de type Nikon AF-S 14-24mm f/2.8G ED chez Nikon, Canon EF 16-35 f/2.8L II ou Tokina 11-16mm f/2.8 sur APS-C, couplé avec un 70-200mm f/2.8 et en bonus, une ou deux focales fixe ou un fisheye pour le fun. Les plus fortunés ou les professionnels auront deux boitiers pour ne pas devoir changer d’optique en cours de route et louper le solo du contre-bassiste.

Le flash, usuellement interdit, est surtout inutile et ne ferait que gâcher le travail des techniciens lumières, jamais assez remerciés.

Mon matériel

Premier reflex plein format destiné aux amateurs, je possède un Nikon D600. Bête féroce en basse lumière, je ne regrette que le placement du bouton de réglage des ISO qui est mal situé et nécessite les deux mains ainsi que les collimateurs parfois imprécis dans la pénombre et leur placement exiguë dans le viseur.

Niveau optique, je possède un Nikkor AF-S VR 16-35mm f/4 et un 85mm f/1.8 G.
Le 16-35 est bien pour ses extrêmes entre Ultra Grand Angle et Focale de reportage et sa stabilisation. Par contre, l’objectif perd un stop face au 14-24mm f/2.8.
Le 85mm est un bonheur de luminosité et de piqué. Les photos dont je suis le plus satisfait proviennent de cette optique qui me convient bien niveau distance au sujet sur les concerts de proximités (un 50mm sur APS-C donnera quasiment le même rendu). Cependant je me suis retrouvé bridé (pas de blague sur mes origines asiatiques svp) face à la grande scène du Paléo festival : comment tout shooter sur 150m2 quand t’es rivé dans la fosse. Pour me débrider, j’ai emprunté un Nikkor 70-200mm f/2.8g ED VR II : une bête de course mais qui pèse sur les trapèzes en fin de reportage.


Ici les rendus à : 16mm / 35mm / 85mm / 200mm

Les réglages

Plus la scène est grande, plus les conditions d’éclairage, donc de prise de vue seront bonnes. Bah ouais, j’affirme, c’est mieux de shooter des rock stars à Wembley que le groupe de ton frangin au bar du coin.

Voici les réglages que je préconise :

Ouverture : de f/1.4 à f/4 (attention à la profondeur de champs à ces ouvertures !)
Temps d’obturation : dès 1/80s pour figer le mouvement
Sensibilité : généralement de 1200 à 3200 iso

Mode Tv, Av ou M ?

Généralement, je paramètre mes réglages en mode priorité à l’ouverture (Av) afin de déterminer le couple vitesse/iso avant de reporter ces paramètres en mode Manuel. Si les conditions de lumières changent peu, ça permet de se concentrer uniquement sur la prise de vue.

Rafale ou vue par vue ?

Ayant fait mes armes en mode vue par vue afin d’aiguiser l’oeil et l’index, c’est tout naturellement que j’ai commencé ainsi dans les concerts. Mais parfois les conditions de lumières changent à une telle cadence stroboscopique que la rétine et les phalanges ne suivront pas. Pour cela, je conseille quelques rafales par-ci par-là afin d’assurer une bonne photo où les détails de lumière et d’attitude font tout le cliché.

Quelques millisecondes séparent ces 3 clichés : des conditions de lumière complètement différentes

Quelques millisecondes séparent ces 3 clichés : des conditions de lumière complètement différentes

Mode autofocus ponctuel ou continu ?

Ici tout dépend de la mobilité des acteurs, de la focale et de la distance au sujet. Un concert punchy ou virevoltant nécessitera de suivre le sujet dans son collimateur quand une photo au grand angle ou prise de loin permettra même de débrayer la mise au point en manuel pour éviter du patinage d’AF.

Mesure spot, matricielle ou pondérée centrale ?

On entend ici le mode de mesure de la luminosité qui va influencer sur le trio ouverture/vitesse/sensibilité. Comme je shoot la plupart du temps en mode Manuel, je m’en bat le steak de la mesure. Mais attention, on me souffle dans l’oreillette que certains photographes font la mesure sur le visage en mode spot. L’essentiel surtout, c’est de vérifier régulièrement l’histogramme afin de vous assurer qu’il n’y ait pas de zone cramée sur le visage !

Collimateur central ou décalage du point AF ?

A l’époque, seul mon collimateur central étant en croix et garantissait une mise au point infaillible (ou presque). Ainsi j’étais adepte de la méthode du recadrage après mise au point. Si votre visée comporte une multitude de point AF couvrant l’ensemble du capteur, n’hésitez pas à décaler la mise au point directement sur votre sujet, c’est toujours ça de gagné. Parfois, il m’arrive de prendre des photos à bout de bras au grand angle et dans ce cas j’opte même pour une mise au point automatique.

RAW ou jpeg ?

Si tu ne shoot pas encore en RAW, je ne dirais pas que tu as rien compris à ton boitier mais que c’est comme acheter une ferrari pour faire l’autoroute : c’est brider tout le potentiel du bestiaux.

Numérique ou argentique ?

Vous êtes adepte de l’argentique ? Je vous tiens en immense estime et je n’ai probablement aucun conseil à vous donner.

En résumé, il vous suffit de quelques contacts, d’un reflex et d’une optique lumineuse pour commencer la photo de concerts. Ensuite, l’important est surtout d’expérimenter et d’opter pour les réglages qui vous conviennent le mieux jusqu’à ce que cela devienne des automatismes. L’idéal est que vous arriviez au stade où vous savez pouvoir faire confiance au matériel et à votre instinct pour vous concentrer essentiellement sur le cadrage et l’instant décisif.

2013.07.27_Paléo_584

 

Dans un prochain épisode, je vous ferais un retour terrain en vous expliquant les différences et pièges entre une salle de concert et un festival, les conditions de prise de vue, l’editing des images ainsi que certaines clauses spéciales édictées par ces capricieux d’artistes.